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 Sous l'oeil de l'ange ft. Joy

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Bastard and proud of it

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Message Sujet: Sous l'oeil de l'ange ft. Joy 27th Février 2017, 06:25

Sous l'oeil de l'ange

Le sable est chaud, le sable est sec. La poussière se lève par leurs mouvements, je l’aspire, la goûte, la recrache. Le soleil plombe sur la route principale de cette ville de brute. Et malgré l’époque de l’année, la chaleur est accablante. Mes poumons hésitent, contrecoup d’une sauvagerie sans nom. Ce n’est pas la première fois. Putain. Mais celle-là, elle fait mal. Mes os crient, hurlent. Moi, je n’en ai pas la force. Devant moi, tout est blanc. Je perçois des taches instables, qui viennent et quittent au gré de ma respiration. Si j’avais su que la mort, c’était blanc, bordel, j’aurais accepté de débourser treize dollars pour cet élixir d’immortalité qu’on avait essayé de me vendre il y a neuf ou dix ans. L’enfer est blanc, et la douleur est noire. Noire comme les ténèbres, noire comme la nuit impardonnable. Putain, j’ai mal. Je me tortille à droite et à gauche, cela n’arrête pas. Je savais qu’un jour, la mort viendrait me chercher, mais merde, elle aurait pu y aller en douceur! Elle aurait pu prévenir, avoir pitié de la vieille conne que je suis. Je n’ai pas assez souffert dans ma vie? Je n’ai pas assez mangé de la merde pour obtenir un sursis, une sorte de miséricorde quelconque? Ma respiration est saccadée. Ma vue étant complètement hors service, mon sens de l’ouïe se développe. J’entends des cris. Ils sont aigus, ils me coupent le sang dans les veines. Je prends quelques instants à réaliser que ce sont mes propres cris. Peut-être deux secondes, mais il s’agit d’une éternité. J’ai perdu le contrôle. Ah putain, ça, ouais, je l’ai perdu!

Sur ma joue droite, je ressens l’humidité. Peut-être la pluie. Peut-être qu’enfin, quelque chose me sortira de cette fâcheuse et douloureuse position. Hélas, il ne pleut pas. Le temps est sec comme ma gorge, je me noie peu à peu dans l’impitoyable sécheresse du sable qui flirte avec ma bouche comme les pieds de ces truands flirtent avec mon corps. Ils m’ont crachée dessus. Ils sont trois. Et visiblement, ils ne sont guère en faveur de l’émancipation des nègres. Même à quatre-vingt-neuf ans. Même à l’âge où je devrais être un cadavre depuis déjà plus de vingt ans. Je les entends me crier des injures, m’insulter comme si j’étais une vulgaire négrè… une vulgaire négresse. «Crève sale black!» Si j’en avais la force, je leur cracherais au visage. Je leur donnerais une bonne raison de me foutre une balle de revolver dans la tête. Au moins, toute cette douleur cesserait. Ils me ruent de coups, optant pour l’originalité dans des insultes jamais entendues jusqu’ici. «Vieille salope trop cuite!»

«C’est tout ce que vous avez?»

Je trouve la force de prononcer quelques mots, non sans difficulté. On ne me refera pas, à mon âge. Si je dois ainsi mourir, chienne de vie, alors j’aurai au moins râlé jusqu’à la toute fin. Ma stratégie semble attiser le feu de leur haine, jamais je n’ai ressentie aussi vive douleur. Ces chiens, ils ont sûrement des putains de bottes en acier! Autour de moi, les passants observent quelques secondes, puis détournent le regard. Les commerçants rentrent à l’intérieur, ferment leur porte. Non seulement personne ne s’interpose, mais hé! en plus, la vieille se fait passer à tabac.

«Vous frappez comme votre chienne de mère…»

Si je n’étais pas en train de me tordre de douleur, je le jure sur le salopard de Dieu des blancs à la con, je rirais un bon coup en leur crachant en plein gueule. Je leur remettrais leur crachat au fond de leur gorge en passant là où ils ne s’imagineraient jamais qu’on puise y pénétrer quelque chose. Je les éventrerais un à un, leur chanter des comptines de merde. Ouais, je peux bien faire la fine, la brave. N’empêche, la vieille conne qui se retrouve sur le sol, entortillée de douleur, c’est moi. Tu parles d‘une journée pour oublier son vieux revolver à la maison!
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Bastard and proud of it

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Message Sujet: Re: Sous l'oeil de l'ange ft. Joy 27th Février 2017, 23:19

Une cigarette à la main, Joy déambulait sans but précis à travers Deadwood. Elle s'était levée tôt ce matin afin d'arroser les cultures qu'elle avait planté il y a quelques semaines de cela. La chaleur écrasante de la journée l'obligeait à travailler au petit jour, ou bien lorsque que le soleil disparaissait derrière l'horizon, emportant ses maudits rayons avec lui. Une fois sa labeur terminée, elle s'était plongée dans la lecture d'un ouvrage portant sur l'histoire du monde oriental. Seule, installée sur le perron de sa petite habitation, elle avait tournée les pages pendant une bonne heure, s’émerveillant au moindre détail qui lui était inconnu. Quand les ombres s'allongèrent pour venir toucher le bas des marches, Joy jugea qu'il était temps de faire un petit tour en ville histoire de ne pas passer une journée de plus sans immersion sociale. Si on la laissait faire, la jeune femme pouvait passer plusieurs jours d'affilés sans voir personne, perdue entre ses champs et ses bouquins.

Elle se dirigea alors vers la rue principale bordée d'échoppes en tous genre, saluant parfois un passant avec qui elle avait sympathisé par le passé. Certes, ils n'étaient pas nombreux, mais Joy prenait soin d'entretenir les quelques relations amicales qu'elle possédait dans cette ville de barbares. Au détour d'un croisement, une scène inattendue l'interpella. Une vielle femme à la peau ébène était couchée à même le sol, et subissait à répétitions les coups de trois hommes déterminés à lui en faire baver. Autour d'eux, le sable remué par cette agitation avait formé d'épais nuages qui rendaient l'altercation plus que visible. Pourtant, personne ne semblait agir. C'était presque si les badauds accéléraient leur cadence de marche à la vue de ce triste spectacle auquel ils ne voulaient pas être mêlés. Joy savait pertinemment la raison de cette agression bien que cela lui faisait du mal de l'admettre; certains voyaient encore une différence entre les blancs et les noirs. Pour sa part, elle avait été très ignorante plus jeune et avait grandit avec un certains mépris pour la communauté noire, mépris forgé sur celui de ses propres parents. Avec le temps elle avait construit sa propre réflexion sur le sujet, et avait cessé de considérer certains êtres humains inférieurs sous prétexte que leur peau contenait plus de mélanine.

Interloquée par l'absence de réaction des passants, elle décida de mettre fin à cet acte méprisable d'elle même. Elle glissa sa main dans la grande poche de sa jupe, et serra ses doigts autour d'un petit revolver. Le métal était frais contre sa peau. Alors qu'elle s'approchait, les trois imbéciles semblaient bien trop absorbé dans leur tache pour remarquer la présence d'une petite femme qui affichait une mine consternée. Sans plus attendre, elle dégaina son arme qu'elle pointa vers la nuque de l'individu qui se trouvait devant elle. L'homme qui se tenait en face de lui repéra instantanément Joy. Il cessa ses coups et se dirigea vers elle. Il la considéra un instant et éclata de rire.

- Cassez vous, dit-elle simplement sans ciller.

Le sourire de l'homme s'effaça. Il se rapprocha dangereusement de la fermière et planta son regard noir dans le sien. Cependant, l'intervention de Joy avait finalement interpellé quelques promeneurs qui s'étaient arrêtés pour assister à la scène. Les agresseurs, maintenant au centre de l'attention, décidèrent de s'éclipser, non sans quelques grognements de désapprobation. Très vite la foule qui s'était accumulée se dilua et la rue retrouva un certain calme. Joy se pencha vers la femme qui était toujours au sol.

- Madame? Vous pouvez vous lever? Dit-elle en lui tendant sa main.
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Bastard and proud of it

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Message Sujet: Re: Sous l'oeil de l'ange ft. Joy 26th Mars 2017, 03:41

Sous l'oeil de l'ange

J’ignore ce qui pousse ces connards à me ruer de coups. Pour les fois que je suis mon chemin sans insulter personne, pour les fois où j’emmerde suffisamment les gens pour ne pas leur adresser un mot. Une journée aussi chaude, une journée aussi belle. Être Noire en Amérique, même après le passage d’Abraham Lincoln, ce n’est pas facile. C’est un peu comme Alex Da Kid qui répète trente mille fois dans son refrain : «It’s not easy», putain, ce n’est pas en le disant autant que ça passera mieux, hein. Et malgré tout ça, il y a mes côtes qui continuent de danser comme des dévergondées… à moins que ce soit mes hanches qui débarquent, il faudra voir. Je me suis fait battre plus qu’une fois dans ma vie. Mon maître, monsieur Eldridge, que j’appelais affectueusement : «la petite bite», avait la fâcheuse manie de se défouler sur moi avec ses poings entre deux culbutes pas du tout consentantes. Et je ne sais pas si ce sont les quarante ans que j’ai en plus, mais je réalise que je supporte de moins en moins les coups de botte dans l’abdomen et dans tous les espaces possibles où il est permis de me torturer. Putain, c’est pas possible comment ça fait mal. Chaque coup est un tremblement terre qui se répercute jusque dans les Black Hills. Chaque coup est une marche de plus atteinte dans ma quête pour rivaliser avec le démon. De ma bouche, un filet de sang en sort, craché avec la dernière force qui me reste. Craché comme les barbares crachent leur âme pour quelques billets, quelques centimes qu’ils pourront aller mettre en gage sur une table de poker. Puis plus rien. Les coups cessent, le soleil surplombe deux fois plus en invitant avec lui une chaleur qui devient suffocante. La poussière redescend peu à peu. Puis il n’y a plus rien. Vraiment. Plus rien sinon la douleur qui travaille mon corps comme les insultes travaillent ma langue. Putain que ça fait mal.

Mes yeux sont toujours fermés, soudés tant par la peur que la poussière devenue béton avec le quelques larmes de mon corps qui s’étaient pointé à l’horizon. Putain, je dois être à l’article de la mort pour pleurer. J’entends quelques voix, mais difficile de bien distinguer les voix et les mots. J’entends des pas s’éloigner, d’autres approcher. Et soudain, ma respiration qui était revenue s’est une fois de plus arrêtée. Ils vont recommencer. Ils sont en gang, ils se partagent la vieille négresse. Ce ballon sportif si plaisant à tabasser. À tabasser comme jamais je n’ai été tabassée auparavant. J’essaie de me concentrer pour écouter, mais tout redevient plus calme. C’est bon, je crois. Ils en ont eu pour leur argent. Puis, une voix se distingue dans ce silence devenu apaisant. La voix d’une femme, toute petite voix, franche, directe, bien articulée. Putain, c’est Satan qui vient me chercher. Ça y est, je suis morte. Allez vous faire enculer, bande de connards, moi je suis déjà très loin. Mais j’ai mal. C’est possible, avoir mal même morte? J’ouvre les yeux, une jeune femme se trouvant devant moi, cigarette en bouche, petit revolver dans la main. Je soupire de désolation : j’suis pas morte, merde. Elle me demande si je peux me lever. Petite conne. Tu le pourrais, toi?

«Je v… vais… je vais…»

Je crache un nouveau filet de sang. Putain, même pas capable de prononcer trois mots. Une négresse en manque d’éducation, la classe totale. La main de la jeune femme est tendue vers moi, mais il m’en faudra plus pur accepter son… Aïe! Bordel, les côtes me font souffrir comme un cheval à qui l’on a tiré soixante balles de revolver. Je ferme ma gueule, puis accepte son aide. Mollement, j’essaie de tendre la main, et elle comprend rapidement que ce ne sera pas si simple. Entre quatre jurons, trois tentatives et un mal qui pourrait désorienter une boussole, me voilà rapidement sur mes deux jambes avec cette horrible impression de devoir à cette jeune femme une forme de remerciement quelconque. L’idée de devoir quelque chose à une blanche m’horripile.

«Tu as… Encore deux minutes et… et… c’était à mon tour de… de les… les tabasser, tu vois...»

Comme si elle allait me croire. Moi-même, je ne me crois pas. Certains curieux regardent au loin, mais nombreux sont ceux qui sont déjà passés à autre chose : inutile d’insister, la vieille n’est pas morte. Je vois presque, au loin, le croque-mort tourner les talons, la moue basse. Je ne me tiens pas bien toute seule sur mes deux jambes et je n’hésite pas à utiliser la jeune comme sorte de bâton de marche, de canne, de support à vieille conne.

«J’imagine que t’as un nom, petite…»



Avec TOUTES mes excuses :(
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Message Sujet: Re: Sous l'oeil de l'ange ft. Joy

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