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 forgive me father, for all my sins (Varner)

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Invité
Bastard and proud of it

Invité
Message Sujet: forgive me father, for all my sins (Varner) 30th Janvier 2017, 21:14


Bouteille à la main, séant contre le sol sablonneux d’une ruelle lugubre non loin de son atelier, l’ancien aristocrate traîne dans son insignifiance et son alcoolisme, qu’il exhibe sans honte aucune. Non loin, la ribaude agite ses hanches pour charmer quelconque homme trop pressé de lui montrer sa virilité. Et les yeux vitreux se posent sur la silhouette, pour en apprécier la vision. S’il en avait la force, probablement se serait il déjà levé pour laisser quelques dollars dans sa pogne et profiter de ses charmes évidents. Seulement il ne peut pas. Le monde tourne dès qu’il ose bouger juste un peu, inutile de dire qu’une fois debout, il ne bénéficierait que d’un aller simple vers la terre. Alors il ne la quitte pas, se contente d’observer un peu plus, avant d’apporter la bouteille jusqu’à ses lèvres, qu’il loupe de quelques centimètres. Le précieux liquide coule sur son menton, vient s’égarer sur sa chemise déjà dégoûtante et il grogne, pour marquer son mécontentement avant de renifler de dépit. « Foutue soirée d’merde, ville d’merde, whisky d’merde, métier d’merde… j’veux r’tourner à Washington merde… » Les mots résonnent violemment contre ses tempes et il fini par grogner de nouveau. « Shhh ! » Son monde tourne soudain, il se sent étourdi et finis par s’écrouler totalement dans la poussière.

~


Quand ses yeux s’ouvrent, le silence a récupéré ses droits dans la rue. Plus de danseuses, plus de coups de fouet lancés sur les pauvres chevaux, plus rien d’autre que la nuit et la solitude. Difficilement, toujours en grognant, l’homme se redresse, retrouve même ses deux pieds, pour avancer sans but précis. L’alcool traîne toujours dans ses veines, tout comme la bouteille orne toujours sa main. Il n’a pas réussi à la vider, alors il la porte à sa bouche, termine les dernières gouttes sans hésiter une seconde et reprend sa marche hésitante. Ses pas vacillent, il ne sait même pas où il va, mais curieusement, c’est bientôt l’église qui se dessine devant ses prunelles fatiguées et floues. Froncés, ses sourcils expriment tout le désarroi qu’il ressent à l’idée de se trouve face au lieu saint, mais une petite voix, insidieuse, le pousse à considérer la question une seconde.

Il n’a aucune notion de l’heure, ni de pudeur alors qu’il laisse son poing s’écraser contre le bois dur de la porte. Une écharde vient de se perdre contre sa paume, le fait grimacer, mais il n’en a cure alors que régulièrement, il vient taper. « Faut qu’j’parle à Dieu ! » Il retient un juron, qui traîne pourtant sur ses lippes. Son palpitant s’agite comme un fou alors qu’il s’excite stupidement sur cette entrée et il ne sait même pas pourquoi il s’acharne autant. « Putain d’stupide de… Merde ! » Il observe sa main et avise le saignement qu’il s’est lui-même infligé à force de s’acharner contre cette pauvre porte qui ne lui a pourtant rien fait. Finis les coups, alors qu’il observe plus attentivement la blessure, comme hypnotisé. Ca l’amuse presque, de voir le liquide carmin glisser et venir taquiner son poignet. « Ca chatouille c’te merde ! Oh mon père ! » La porte s’est ouverte, la lumière de dieu devrait se répandre sur lui, mais seul l’écho de la nuit répond à son injonction. L’obscurité reste maîtresse et il se sent soudain comme dans un cercueil, oppressé et incapable du moindre mouvement. C’est l’alcool qui le libère et fini par s’exprimer, face au prêtre qui a osé braver la nuit pour lui ouvrir la porte. « Pardonnez moi mon père car j’ai pêché… C’bien ça qu’on raconte pour prétendre qu’on s’intéresse à c’connard de Dieu hein ? » Pas la meilleure entrée en matière, ça c’est évident…
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Invité
Bastard and proud of it

Invité
Message Sujet: Re: forgive me father, for all my sins (Varner) 1st Février 2017, 04:03

Forgive me Father, for all my sins

Les soirées se suivent et se ressemblent. L’haleine de cheval qui fuit au galop les intempéries des maux de l’âme, le goût de l’alcool qui fermente, se distillant au rythme du pathétisme qui s’éveille toujours un peu plus d’une gorgée à l’autre. Le hoquet aussi ponctuel que la foi, les rots qui goûtent toujours autant le vomi qui ne vient jamais. Les soirées se suivent et se ressemblent tandis que les maux se développent, évoluent dans ce que les hommes sans avenir appellent leur remède. Le whisky. Source de bien des larmes, bien des rires. Source de toutes les constances, de toutes les incongruités de la vie. Béton des fondations les plus solides, fissures de celles qui finiront par s’effondrer. S’effondrer dans la précarité de la solitude, dans le mirage de l’émancipation de nos plus folles ambitions. Doux élixir satisfaisant ceux qui ne peuvent plus croire, ceux qui ne peuvent plus espérer. Consolidant leurs échecs, fermant les lointaines portes qui étaient jusqu’ici entrouvertes. Vil fluide sec  à l’apparence apaisante qui scelle l’issue de leur misérable existence: là-bas, derrière l’église, entre deux épitaphes qui ne rendent justice qu’à l’ignorance de l’homme et l’idiotie du Ciel. Entre deux pierres mal taillées pour une époque qui se dit être à l’apogée de la technologie. Le dix-neuvième siècle. Dix-neuf siècles que Jésus Christ a quitté le monde tel qu’on le connait et voilà qu’encore aujourd’hui, ils l’implorent son pardon, sa miséricorde. Et je n’y fais pas exception. Bourré comme tous les habitants de cette ville, agenouillé devant ce qui me sert de lit, concluant ma prière d’un signe de croix.

Je me relève difficilement, et ce n’est pas tant causé par la vieillesse de genoux usés, et me dirige vers mon lit, l’impression de passer par Tombouctou pour y parvenir tant ma ligne de chemin est floue et irrégulière. Je n’ai pas vérifié l’heure sur la montre qu’un mentor m’avait donnée au Texas, mais il n’est sûrement pas plus de vingt-trois heures. Une heure de coucher relativement tôt, mais avec l’alcool imbibé dans ma gueule et dans mon corps, l’impression d’être demeuré éveillé trente ans se fait bien sentir. Je me glisse sous mes couvertures avec la grâce d’un cadavre qui continu de recevoir des balles de revolver, et aussi la tête sur l’oreiller, je m’endors avec la fatigue de trente jours accumulés. Devant, c’est sombre, je ne vois rien. Que Dieu me pardonne cette comparaison, on dirait un zoom beaucoup trop précis d’un pore de la peau de la vieille négresse qui vient d’arriver en ville. Oh! je ne suis point raciste, mais tout le monde sait de quel univers elle vient. Et si elle est ici aujourd’hui, apparemment libre, c’est sans doute parce qu’elle a dépecé ses richissimes maîtres. Et de tels individus à Deadwood, on s’en passerait bien. Le néant est bien installé, et bien que je réalise qu’il ne s’agit que d’un mauvais rêve où je suis face à toutes mes réalisations -voyez-y le terrible constat de mon échec, mon inconscience empêche cette information de se rendre à mon cerveau. Je sens la sueur s’emparer de mon corps, humidifier mes vêtements de nuit, mémorable sensation d’une colle qui sèche lentement dans tous les coins de mon corps.

Mon œil gauche s’ouvre, suivant un bruit sec. Il vient pour se fermer à nouveau, mais un second bruit retentit et cette fois, mes deux yeux sont à l’affût. De lourds coups se font entendre aux portes de l’église. Je soupire, retire les couvertures de mon corps trempé et, allumant rapidement une chandelle sur ma table de chevet, me dirige vers l’avant de l’église où les coups ont cessé. Je m’arrête, pensant peut-être qu’il n’y a plus personne de l’autre côté, mais une voix me ramène à la réalité. J’ouvre alors la porte, roule mes yeux cent quatorze fois et me stationne sur le côté pour laisser l’entrée grande ouverte. La vulgarité de l’homme sur le perron de l’église titille mon oreille, mais je n’en fais guère un cas. Ils sont nombreux, par ici.

«Monsieur Tanner», dis-je, la chandelle à la main. Je remarque le sang à sa main, trophée de ses coups de poing sur la porte. «Entrez, nous allons regarder ça.»

Je laisse la porte ouverte et me dirige vers l’arrière de l’église. J’entre dans ma pièce personnelle, y trouve un morceau de tissus quelconque et reviens vers Jake Tanner. Un homme dont la réputation n’est plus à faire. Le croque-mort de la ville, celui avec qui je dois faire des affaires quand des idiots se font trouer la peau de poudre sur la place publique. Je lui tends le morceau de tissus, cherchant à mesurer son taux d’alcoolémie qui ne doit pas être si loin du mien.

«Mettez au moins ça sur votre blessure, je n’ai pas envie de frotter votre sang à quatre pattes au lever du soleil.»
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forgive me father, for all my sins (Varner)

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