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 Entre stupeur et défiance

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Bastard and proud of it

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Message Sujet: Entre stupeur et défiance 3rd Janvier 2017, 17:41

Entre stupeur et défiance
Billy the Kid & Le Coyote
Dis-moi et j'écouterai. Montre-moi et je comprendrai. Accueille-moi et j'apprendrai ▬ Proverbe Lakota

Huyana était éteinte, dodelinée par sa monture qui arpentait les sinuosités du paysage escarpé. La rocaille était partout, rappelant sans mal où est ce qu'elle se trouvait. Black Hills. Les Terres Sacrées des Lakotas.
Son peuple.
Ceux qu'elle avait laissé derrière elle.

De l'épaisse fourrure de bison habillant ses épaules, son maigre bras dépassait. Enroulé autour, la bride d'un cheval qui la talonnait de près, docile. Du coin de l’œil, l'indienne s'assura que le corps avachi dessus était toujours là. Tadi. Le plus jeune de ses frères mais aussi son aîné. Des gouttes de sang perlaient le long de son index reposant contre le flanc de la bête. Le bruit de l'eau torrentielle attira dès lors son attention. Faible mais agitée d'un semblant d'émoi, Huyana fit arrêter leurs montures pour pouvoir s'abreuver au ruisseau. Difficilement, elle se laissa glisser de l'alezan, une main portée contre sa cuisse. Elle aussi était blessée mais pas autant que son frère. Cette bataille l'avait terrifié, et lorsqu'elle avait vu Tadi étendu sur le sol, comme mort, elle n'avait su faire autre chose que de fuir avec lui. Huyana avait honte - son âme gesticulait en elle à bondir hors de sa poitrine tant elle avait manqué de discernement. Les Oglalas étaient la bravoure. Les Lakotas défendaient leurs terres jusqu'à leur mort. Et elle, venait tout juste de se défiler.

Cela faisait plus d'une demie journée qu'elle avait mis de la distance entre elle et le conflit qui faisait rage un peu plus haut mais il lui semblait encore entendre les coups de feu et les cris des guerriers. La nuit n'allait pas tarder à tomber et Huyana savait pertinemment qu'il fallait qu'elle leur trouve un abri. Ses longs cheveux d'ébène balayaient son visage tandis qu'elle se mit en quête d'un rocher plus massif que les autres. Elle ne mit pas longtemps à trouver un décrochement dans la pierre et l'habilla de branchages plus ou moins souples pour créer un tipi improvisé et y passer la nuit. Après avoir étalé toutes les peaux en son cœur, elle y tira Tadi et l'y enroula soigneusement, vérifiant de ce fait sa blessure qu'elle avait pansé avec grande inquiétude. Une balle lui avait traversé l'abdomen et bien qu'elle ait cautérisé la plaie avec les flammes et qu'elle l'ait enduite de pâte, créée à base de plantes écrasées et conglomérées avec de la graisse de bison, la situation n'allait pas en s'améliorant. Tadi avait de la fièvre et c'était à peine s'il avait ouvert l’œil depuis quelques heures.

Ce soir là, elle pria pour lui sous le regard de la faune médusée. Elle fit un peu de feu et rendit hommage à Wakan Tanka, le Grand Esprit, présent en toute chose. Elle crut même avoir une vision. Incompréhensible. Hantée d'une main et d'un museau. De crocs dénudés et d'un grognement sourd puis d'une léchouille affectueuse.  L'indienne songea aux siens, à Wakiza et à la bataille puis c'est, épuisée qu'elle s'étendit auprès de son frère et s'endormit.

Heureusement pour elle, sa blessure était bénigne. Une balle lui avait bien éraflé la cuisse mais elle n'était pas venue se loger dans ses chairs. Tadi avait passé la nuit mais elle ne donnait pas cher de sa peau si elle ne parvenait pas à rejoindre ses pairs. Il lui fallait le ramener auprès du guérisseur. Si toutefois, ce dernier était encore en vie. Huyana sentait un frisson lui ébranler l'échine à l'idée de rebrousser chemin. Peut-être était-ce la mort qui les y attendait ? Mais elle n'avait pas le choix.
L'indienne chargea ses effets sur son cheval puis après s'être assurée que son frère était bien sanglé à sa monture, ils se mirent en route pour remonter le vallon. Elle avait une idée en tête. Contourner la scène de bataille avec les équidés et laisser Tadi en sécurité le temps qu'elle vienne pister d'éventuels dangers. Puis repartir en direction du dernier campement de sa meute et trouver le guérisseur.

Deux heures après s'être mise en route, Huyana eut la mauvaise surprise d'entendre des éclats de voix en contrebas de son sentier montagneux. Furtivement, elle descendit de cheval et mena les montures à l'orée de la forêt pour ne pas être pris pour cible. Ces voix-là, elles n'étaient pas sioux. Mue par l'instinct de survie, la belle tenta de s'approcher, mise devant le fait qu'elle ne pourrait passer si ces bougres restaient là à parlementer. Et il n'était pas question de faire demi-tour et trouver un autre chemin. Ça lui prendrait trop de temps. Du temps que Tadi n'avait pas.

Une fois proche du groupe, Huyana put saisir quelques mots de leur conversation. Des mots que les femmes sioux avaient pu lui apprendre par le passé mais qui restaient encore flous pour elle. « Guerre », « Sang », « Peaux rouges », « Or ». Le Coyote sentit son sang bouillonner dans ses veines. Elle était en colère. Furieuse. Que les blancs aient rompu cet accord. Qu'ils aient une fois de plus tenter de voler son peuple. Piétiner leurs croyances.
Huyana ne sait si c'est la fureur qui la poussa à l'imprudence mais lorsqu'elle décida de remonter le flanc broussailleux, une branche trahit sa présence. « J'ai vu une silhouette par là ! » S'écria l'un des quatre hommes qui désignait l'endroit de son index tendu. « Ou p'têt bien que t'as trop bu. » Enchaîna un autre en se marrant. Ils étaient cinq et elle était seule. Percevant le méfiant s'approcher dans sa direction, d'une démarche féline, planquée derrière la végétation, l'indienne fit un pas, puis deux. Elle ne voyait qu'une solution. Lui sauter à la gorge et le tuer. L'éventrer comme un porc.

La main aux doigts noueux s'emmêla dans le feuillage et l'écarta doucement. Huyana vit bien le canon du fusil qui lui faisait de l'oeil mais l'occasion était inespérée. Et son couteau réclamait le sang. Le sang du blanc qui avait probablement tué nombre d'entre eux. Elle se redressa vivement et se tendit en plantant habilement sa lame dans la carotide du malheureux. Il n'eut le temps que de lâcher un gargouillis avant de s'effondrer au sol. L'indienne avait une expression terrible. Sauvage. D'infimes gouttelettes de sang parsemaient son visage. Les types se dispersèrent aussitôt, faisant usage de leur pétoire sans crier gare. Les coups retentirent et Huyana se mit à galoper vers les chevaux qu'elle avait laissé plus haut. « Bouge pas ! » Lâcha un des hommes qui surgit devant elle. L'indienne ne l'avait pas vu celui-là. Il abattit la crosse de son fusil sur la tempe de la jeune femme qui s'écroula, la vue troublée par une kyrielle d'étoiles.
Elle crut entendre les tambours au loin. Mais sûrement était-ce ça. La fin  




© Gasmask
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