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 Bravery above and below ft. Al

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Bastard and proud of it

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Message Sujet: Bravery above and below ft. Al 23rd Décembre 2016, 04:05

Bravery above and below

La promesse de Jésus Christ au brigand converti. L’un des sermons que je déteste le plus, et qui malheureusement, trouve écho dans bien des cœurs chaque fois qu’il est abordé à la messe. Cela fait peut-être la trois ou quatrième fois que j’utilise ce sermon depuis que je suis ordonné. Je véhicule ce message profond, les yeux remplis d’espoir, promettant aux hors-la-loi qui se repentissent l’accès au paradis. Il y a déjà quelques dimanches que ce sermon a été prononcé, et on m’en parle encore aujourd’hui. On se confesse encore à son sujet, comme s’il s’agissait de la plus grande lumière intérieure des âmes perdues. Je soupire doucement, ne souhaitant pas éveiller les soupçons de l’homme qui se trouve de l’autre côté de la grille du confessionnal. Ces gens qui croient qu’une grille déforme la voix, que j’ignore qui se cache derrière. Ce hors-la-loi à la voix grave, au tic de prononciation distinctif parmi mille lorsqu’il étire théâtralement ses «o», comme s’il était constamment surpris. Il se confesse, puis me pose une question. La question que je me pose à chaque fois que je prononce le sermon. La question qui brûle bien des lèvres, mais dont très peu osent s’interroger à haute voix. «Quel genre de dieu damnerait un brigand qui, devant l’ultime choix, poursuivrait sa route dans la criminalité au feu éternel? Dites, Padre, quel genre de dieu abandonnerait sur le seuil de sa porte l’un de ses enfants sous le prétexte qu’il fait ses propres choix indépendamment de son père?»

J’admets sans gêne que je ne sais répondre à cette question. Cette même question que je me pose sans cesse. Cette partie de moi qui envoie Dieu se faire foutre et qui regrette d’être le messager d’une religion imparfaite, peut-être la pire de toutes. Je passe ma main sur mon front, ma sueur envahissant petit à petit le seul espace qui m’est attribué dans cette boîte humide et malodorante. Je ferme les yeux, en profite pour me torturer les paupières, puis les rouvrent, toujours sans réponse à cet homme qui me pose une belle colle. Je lui réponds qu’il ne faut pas juger le Seigneur, qu’il faut se fier à son bon jugement, qu’il sait ce qui est réellement bon pour nous. Je lui explique sans conviction que le paradis tant convoité doit procéder à certaines purges pour assurer la pérennité de notre glorification éternelle, mais ma réponse ne lui plaît guère. Puis-je lui en vouloir? «Allez vous faire foutre!», me dit-il en sortant du confessionnal avec la rage d’un homme qui doit tuer à tout prix. Je retiens mon souffle quelques instants, fixant la porte devant moi, m’attendant à ce qu’elle s’ouvre violemment, mais il n’en est rien. J’attends quelques secondes, puis entends deux détonations de révolvers. Puis des cris de femmes et d’enfants. J’ouvre la porte et me dirige sur le perron de l’église, mais il n’y a ni mort d’homme, ni attroupement annonçant un quelconque cadavre. Une fidèle m’indique qu’il a tiré dans les airs, qu’il n’est déjà plus dans les parages, mes épaules redescendent à un niveau convenable. Le cœur me bat comme un chemin de fer en pleine construction, je tourne les yeux vers l’intérieur de l’église, mais plus personne ne s’y trouve. J’acquiesce de la tête, ferme les portes de l’église puis me dirige vers la Main Street pour aller chercher mon courrier.

Dans un intervalle de quatre ou cinq mois, je reçois une correspondance de ma mère où je prends tout le soin nécessaire pour lui répondre dans la même semaine que sa réception. Depuis ma lettre envoyée à mon arrivée à Deadwood, elle tient à être proche de son fils malgré ma réticence à ce que la famille débarque dans ce repère de truands et de prostituées. Compromis que j’accepte pour lui épargner la douleur de la réalité sur la ville qui m’offre hospitalité et énième chance. J’avance un pas à la fois, habité néanmoins par la hâte de lire les mots de ma mère. Mère peu instruite, mais aimante. Mère peu instruite, mais d’une intelligence incomparable. Je foule le palier de la centrale de la poste, ouvre la porte et fais retentir la petite clochette. Je salue l’homme derrière le comptoir qui me remet immédiatement une lettre à mon nom. Aussitôt la lettre donnée, ses yeux se déchirent, son âme disparait et son corps va la rejoindre dans l’arrière-boutique. J’avale ma salive, puis me retourne doucement, mes pieds ayant une crainte certaine de suivre la douce lancée de mon corps.
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Message Sujet: Re: Bravery above and below ft. Al 22nd Janvier 2017, 12:26


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La nuit avait été plutôt longue cette fois-ci. Mais pas dénuée d'intérêt pour autant. Si les portes du saloon étaient fermées alors que la matinée commençait tout juste, c'était bien parce qu'elles étaient restées ouvertes jusque-là. Un chercheur d'or était venu fêter sa découverte d'un petit filon. Il avait donc passé sa nuit en dépensant le tout entre jeu, verres et filles. Tout en perdant sa concession en prime, sans trop comprendre comment. Mais c'était là les risques du métier quand on venait crier à tue-tête au GEM que la richesse était au bout des doigts.

Al n'était pas en train de cuver le whisky qu'il avait trop bu. C'était bien loin d'être son genre, mais il prenait un peu de repos. Car notre homme était le capitaine du bateau, ce qui impliquait qu'il se permettait de prendre une pause pour un repos bien mérité, quand le saloon n'était plus ouvert pour personne. Quand bien même certains clients finissaient à l'étage avec une prostituée, personne ne pouvait plus entrer à l'intérieur du bâtiment.

Swearengen avait ainsi pu dormir, quelques heures, pénard, sans que l'on vienne le déranger. Puis, quand il fût en état, il décida d'aller faire un petit tour dans le camp. Ce n'était pas vraiment son genre, mais il devait causer business avec quelques personnes alors il se déplaçait, parfois. Une tasse de café dans les mains, il s'était retrouvé juste après le prêtre à l'office de poste.

- Et bien Padre, je ne pensais pas vous rencontrer ici de si bonne heure. Vous n'avez plus d'ouailles à sauver?

Al n'était pas croyant, ou en tous les cas, il ne croyait guère à une puissance supérieure prête à vous écraser d'un doigt, si les choses étaient faites de travers. Ni à une rédemption quelconque. Il croyait en lui et c'était déjà pas mal. Mais il n'avait rien contre les mêmes du clergé. Après tout, s'étaient des orateurs plus qu'utile, si on savait par où les prendre.

Il avait un petit sourire avenant en posant la question, il l'observait maintenant de son regard noir, tout en prenant une gorgée de son café, qui était vraiment dégueulasse maintenant qu'il était devenu froid. Toute cette marche, ce n’était vraiment pas bon pour lui.
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Message Sujet: Re: Bravery above and below ft. Al 25th Janvier 2017, 03:17

Bravery above and below

Mes talons se retournent très lentement vers la présence qui se retrouve derrière moi. La moustache noire, la barbichette assortie, le propriétaire du Gem Saloon s’y trouve, café à la main, malice ténébreuse dans les yeux. Si cet homme est respecté de la majorité de la ville, il est également craint. Et pour cause, il s’agit du seul habitant de cette ville que je n’oserais affronter. Ni par les mots, ni par le canon d’un revolver. Et il s’en doute bien, ce bandit, ce hors-la-loi. Il me le fait bien payer quand cela lui arrange. Lorsqu’il a des messages à faire passer aux habitants de la ville, qu’il me force à modifier mes sermons pour assouvir sa soif de pouvoir, de mainmise sur le trois quart des hommes de la ville du bois mort. J’avale ma salive, craignant la suite des choses, même s’il est vrai qu’il s’est montré bon envers moi à plusieurs reprises, ne serait-ce que m’offrir le whisky à crédit jusqu’à la fin de la semaine. Tout pour obtenir une cote de la dîme, je le sais bien, mais cette situation m’arrange. Le whisky, la seule chose qui ne risque jamais de m’abandonner. De me faire du mal à l’âme. Je place mes bras tranquillement derrière mon corps, mon courrier à la main, et puise mon courage dans l’appui de Dieu pour lui répondre.

«Oh! vous savez, Deadwood est une bonne ville : les pécheurs n’offensent les commandements de Dieu qu’à des heures raisonnables», dis-je, sourire en coin, histoire de me détendre un peu. Et qui sait, réussir à faire rire ce bandit.

Avant tout une plaisanterie, il est vrai cependant qu’à Deadwood, ceux ayant besoin de se confesser préféraient le faire au milieu de l’après-midi et certains, je les maudits, en soirée tardive. Je pouvais alors me permettre de faire la grâce matinée certains jours de semaine, histoire de me remettre de mes nombreuses cuites. Les aléas de la vie pour un homme qui ne jure que par la bouteille. N’allez pas croire que je suis alcoolique, non. Je ne me considère pas comme tel. Disons plutôt que l’alcool est un fluide convenable pour masquer certaines choses de la vie qui ne se masquent pas avec du lait… Je ne romps pas le regard avec Al, de crainte de représailles, et cherche plutôt à quitter le bureau des postes au plus vite. Rentrer à l’église, lire la lettre que mère m’a écrite et vaquer à mes nombreuses occupations quotidiennes. Certaines reliées à l’église, d’autres au saloon.

«Je vais vous laisser à vos obligations, je ne voudrais guère vous importuner dans votre agenda chargé…»
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Message Sujet: Re: Bravery above and below ft. Al 25th Janvier 2017, 16:23

Certains hommes puaient la peur, le pauvre prêtre face à Al, en était l'exemple typique. Bien que ce fût conseillé de ne pas venir trop faire le malin devant son nez, cet homme n'avait-il donc aucun amour propre, pour ne pas tenter de paraître un peu plus respectable face à lui, que de trembler comme une feuille? Ou était-ce le manque de whisky dans ses veines qui le rendait ainsi? Swearengen était toujours curieux d'observer les réactions qu'il pouvait créer chez ses interlocuteurs, c'était ainsi qu'il pouvait ainsi, tirer les bonnes ficelles, qui lui permettrait d'avoir la main mise - ou pas - sur ceux qui l'approchait. Bon, l'homme de Dieu n'avait pas vraiment eu le choix quand il était venu s'installer dans le camp. Après tout, il représentait une fonction bien trop importante dans la vie d'une ville comme Deadwood, pour réussir à se faire oublier d'un type comme le patron du Gem.

A le voir ainsi inquiet, Al pouvait se demander ce qu'il était en train de lui cacher. Est-ce que la lettre qu'il tenait cachée derrière son dos - croyait-il vraiment qu'il ne l'avait pas remarqué? - était une missive contenant des informations importantes? Dangereuses pour lui? Pour sa tranquillité d'esprit? Ou alors était-ce quelque chose qui concernait personnellement le prêtre, et que ce dernier espérait surtout qu'on ne mette pas la main dessus, des fois que ça pourrait être utilisé contre lui?

La tentative d'humour, ne tira qu'un très léger sourire en coin au tenancier du saloon. Il appréciait de fait, de voir que Vargas tentait tant bien que mal de détendre l'atmosphère, ou en tous les cas, de se détendre lui-même. Au moins avait-il un peu de répondant. C'était bien là la moindre des choses que l'on demandait à un type qui était censé conduire le troupeau de brebis égarées qu'était les hommes de Deadwood vers la parole sacrée de Dieu, non?

- Celles où ils viennent au saloon, par exemple? Allez savoir si notre homme suivait la plaisanterie, ou s'il venait de poser une question piège. C'était bien là toute la difficulté, parfois, de discuter avec lui. Il testait ceux avec qui ils échangeaient et surtout, il menait toujours la discussion de sorte à ce que les autres, craignent de lui répondre de travers. C'était sans doute sadique de sa part, mais c'était sa façon de faire.

Le prêtre avait une furieuse envie de filer à l'anglaise. Chose que notre ami ne laisserait, bien entendu, pas faire. Faisant mine de lui laisser le passage vers la porte de sortie, il lui attrapa d'un coup vif et rapide, la lettre qu'il tenait dans une main, pour la garder levée à hauteur d'yeux.

- Oh, pas si vite Padre. Nous venons juste de nous croiser, il serait dommage de mettre fin à notre échange de sitôt, vous ne croyez pas? Son regard se portant un instant sur l'écriture qui se trouvait sur le papier. Un message important? Se mêler des affaires personnelles des autres était un vilain défaut, certes, lui, le faisait surtout pour ne pas risquer de se prendre un couteau dans le dos. Rien dont je devrais m'inquiéter, n'est-ce pas?

Il serait en effet, bien dommage, qu'il découvre que ce dernier, trouvait intéressant d'envoyer à ses supérieurs, quelques rapports sur ce qu'il se passait dans cette ville et comment, lui, était traité. Après tout, Swearengen n'apprécierait guère de voir débarquer, un quelconque autre représentant de la loi, qu'il soit muni d'une croix, voire pire, d'une étoile.
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Message Sujet: Re: Bravery above and below ft. Al 31st Janvier 2017, 04:23

Bravery above and below

Le contourner et partir très loin, voilà une option qui me semble actuellement toute désignée. Je crains cet homme comme on craint la peste, et n’y voyez là aucun anachronisme : on utilise fièrement cette expression depuis le dix-huitième siècle. Ses yeux sont perçants et rendent honneur aux traits de son visage : sans pitié et d’une extrême dangerosité. Pourtant, j’ai côtoyé des dizaines et des dizaines de bandits. Des hors la loi qui tuaient pour un morceau de pain, le corps d’une femme ou la simple envie de mettre de nouvelles balles dans leur revolver. Ces bandits qui faisaient fuir tous les habitants d’une ville à la simple prononciation de leur nom. Comme Lord Voldemort (oui, maintenant, vous pouvez parler d’anachronisme, les malins). Des hommes qui ne m’effrayaient pas le moins du monde. Je me tenais debout devant eux et ils n’obtenaient rien de moi sans qu’en échange j’obtienne quelque chose. Quelque chose qui m’aura valu mon départ de l’Alabama, il faut bien l’admettre. Des hommes comme Al en apparence, mais qui sont loin d’être comme lui. Dans tout hors-la-loi, une brèche sentimentale se détache pour se coller dans son regard, mais dans celui d’Al, il n’y a de place que pour la malhonnêteté, le crime, l’indécence. Al Swearengen n’est pas qu’un des piliers de la fondation de Deadwood, il est sa fondation. L’on pourrait croire que le maire tire les ficelles de cette ville dénuée de toute civilité, mais ce serait offrir à monsieur le maire un pouvoir qu’il n’a jamais détenu. Ma crainte vis-à-vis le tenancier du saloon le plus populaire de la ville n’est pas alimentée par ce qu’il a fait, mais par ce qu’il pourrait faire. Personne ne sait réellement qui est cet homme, mais chose certaine, le connaître plus en détail n’est pas dans ma liste des choses à faire avant de mourir.

«Nous y gagnons donc tous les deux. Les affaires sont bonnes pour vous et j’ai du temps pour moi.»

Je ne sais jamais si je dois répondre à ses questions ou si je dois plutôt m’abstenir. À vrai dire, je n’ai jamais été un grand penseur de ces choses, et malgré ma tétanisation devant l’incarnation humaine du Mal, je ne me suis guère jamais laissé museler. Mes paroles tremblent peut-être au rythme de mon corps tout entier, mais la possession de mes mots est l’une des rares choses qui me restent lorsque le tenancier ne m’oblige pas à les lui prêter. La main derrière le dos, empoignant fermement la lettre qui s’y trouve, je le contourne par sa droite, mais rapide comme sur ses revolvers, m’enlève la lettre de ma mère.

«Al, je vous en prie, rendez-moi cette lettre. Ses propos ne vous regardent en rien», le supplié-je modérément, perdant du même coup une partie de l’honneur qui me restait jusqu’ici. «Je croyais qu’il était évident que je n’étais point votre ennemi, à Deadwood.» Je tente un faux mouvement pour reprendre ma lettre, mais me ravise aussitôt. Je suis cinglé, peut-être, mais suicidaire, pour tout à fait encore.

Je fais du surplace devant l’homme le plus mystérieux que je connaisse, et ce, malgré le fait qu’il raconte sa vie à qui veut bien l’entendre, attendant qu’il veuille bien me rendre ce qui m’appartient, conscient toutefois qu’il me faudra user de patience et de miracle divin pour que l’homme obtempère. Car contrairement à Al, je ne sais me servir ni d’un revolver, ni d’une lame. D’après ce qu’on raconte sur lui…

«Il n’y a dans le contenu de cette lettre ni référence à vous, ni à vos affaires. Ne tombez pas dans le gouffre de la paranoïa, s’il vous plait…»
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Message Sujet: Re: Bravery above and below ft. Al 2nd Février 2017, 12:59

Al n'avait clairement rien contre Vargas, non, il pouvait même l'apprécier quelque part. Ce pauvre petit prêtre accroc au whisky. Et encore, il ne savait pas tout ce que cet homme pouvait faire contre sa foi. Un jour, sans doute, il lirait en lui comme dans un livre ouvert. Mais pour le moment, il prenait ce qu'il avait à lui offrir. Dont pouvoir "manipuler" les esprits les plus faibles, lors de ses sermons que certains écoutaient avec grande attention.

La réponse était la bonne, en effet, Al pouvait continuer à tranquillement se remplir les poches, pendant que le Padre pouvait vaquer à ses autres occupations. Comme venir allonger son ardoise dans son saloon, par exemple.

- Vous avez tout compris, Padre.

En ce qui concernait la lettre, par contre, ils n'étaient pas d'accord. Si son interlocuteur tentait tant bien que mal de récupérer son bien, il semblait que le tenancier n'avait guère envie de lui faire ce petit plaisir. Pouvait-il seulement se baser sur sa parole? Lui faisait-il suffisamment confiance pour cela? La réponse était claire. Non. Peu était capable de lire et d'écrire dans le coin, et mieux valait que ceux qui savaient le faire, ne viennent pas lui planter un couteau dans le dos. Alors qu'il n'avait pas encore ouvert la lettre, il la tenait devant son propriétaire, en le fixant droit dans les yeux.

- Vraiment? A ce moment, vous ne verrez aucun inconvénient à ce que j'y jette un œil? Pour m'assurer que vous n'êtes pas en train de me monter en bateau? Vous êtes un bon parleur Padre. Je ne voudrais pas me retrouver à vous croire sur parole et finir en descente de lit. Levant un sourcil. C'est une question de sécurité.

Ne pas entrer dans la paranoïa. Il en avait de bonne lui. S'il ne faisait pas attention, Swearengen aurait déjà été entre quatre planches depuis longtemps. Il tendit alors l'objet à son interlocuteur.

- Ouvrez-la.

Preuve au moins de... quoi? Sa "confiance", ou du "respect" qu'il pouvait avoir? Il lui offrait la possibilité de lui démontrait qu'il ne lui mentait pas et ne prenait pas le droit de l'ouvrir sous ses yeux, sans sa permission. C'était un beau geste, non?
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Message Sujet: Re: Bravery above and below ft. Al 13th Février 2017, 06:03

Bravery above and below

Un malaise palpable, une douche froide d’humilité devant l’incarnation du Mal, mon seul désir est d’en finir une bonne fois pour toutes et de m’enfuir le plus loin possible avant que la bête sauvage qu’est Al Swearengen me dévore de sa cruauté légendaire. Légendaire, parce que de nombreux qu’en-dira-t-on se chargent de la perpétuité de sa postérité, mais ne comptez pas sur moi pour en être un témoin direct. Il y a de nombreuses folies que l’homme serait prêt à accepter, parfois même à faire, pour se libérer d’une quelconque emprise, et je ne suis guère fou de ce que je sais de moi-même. Je lui offre un petit sourire sec, non sans être empreint d’un malaise qui serait flairé par le plus bon des cabots, puis un pas devant l’autre, le contourne, mais suis vite démasqué et ma lettre se retrouve rapidement dans les mains de la malhonnêteté de la ville. Et me voilà à le supplier comme un suppôt de Satan de me remettre ces mots salvateurs, implorant non seulement sa collaboration, mais sa confiance en moi. Al Swearengen qui aurait confiance en quelqu’un. Je crois peut-être un peu trop aux divins miracles.

«Voyons, vous n’allez quand même pas douter de ma parole? Je suis meilleur dans les prêches que dans les mensonges, et je ne saurai vous en glisser un, ne serait-ce que pour le respect que je vous porte.»

Le respect, la peur… Pour un homme qui perd tous ses moyens, y a-t-il vraiment une différence perceptible? Peut-il vraiment se targuer d’être à cheval sur les principes de la linguistique alors qu’il n’a comme pilier de virilité que sa barbe mal taillée? Pauvre Padre, pauvre homme. Vais-je donc passer les derniers jours de ma vie à craindre un hors-la-loi, moi, l’imperturbable homme à la foi questionnable? Une question de sécurité, alors. Il doute donc réellement de moi, mais est-ce surprenant venant d’un homme qui traîne la paranoïa comme certains traînent les maladies de la sexualité? J’aperçois néanmoins un signe d’ouverture de sa part, et mes yeux s’ouvrant devant sa bonté chrétienne, je ne peux m’empêcher de le remercier.

«Merci! Je v…»

Je m’arrête alors, réalisant sa demande. Je ne réalise pas sur le coup ce qu’il me demande de faire, me tendant toujours la lettre de ma chère mère du bout de ses doigts. Ma respiration cesse d’émettre signe de vie, mes yeux fixent l’homme devant moi.

«Vous n’êtes pas sérieux? Vous n’avez aucun…» Je soupire, je suis déjà suffisamment perdant. «Le Seigneur vous maudira!»

Je prends la lettre dans mes mains, puis l’observe un bref instant. Vais-je réellement obtempérer à sa demande? Suis-je alors l’un de ces faibles sans colonne? Il faut croire que oui. Je décachette l’enveloppe, marmonnant quelques mots que j’espère être du voodoo qui lui fera trouer la peau avant que mes yeux se lèvent à nouveau vers lui, puis en retire la lettre. Mes mains tremblent, ma dignité s’enfuit par la porte arrière, là où le maître des postes se cache toujours. Je l’ouvre, confirme à mon subconscient qu’il s’agit bien des mots de ma mère, puis tends la lettre à mon bourreau.

«Peut-être voudriez-vous m’annoncer vous-même si ma chère sœur Angela a succombé à sa fièvre?», tenté-je, un air hautain désiré.
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Message Sujet: Re: Bravery above and below ft. Al 18th Février 2017, 10:28

Que le prêtre ne comprenne pas qu'Al doutait de tout le monde, était presque une insulte pour ce dernier. Ce n'était pas parce que cet homme lui était "dévoué", surtout grâce à la peur qu'il ait pour sa personne, qu'il ne pouvait pas essayer de lui faire un coup tordu. Encore une fois, on n'était jamais trop prudent. D'un regard assez neutre, mais noir, Al fixait donc son interlocuteur, tout en lui faisant comprendre qu'il pouvait continuer d'user sa salive, il ne changerait clairement pas d'avis. Il voulait voir cette lettre, il allait donc la voir. Un point c'est tout. Robe de curé ou pas. Surtout quand on avait autant de vice que ce dernier, allez savoir ce que l'alcool pouvait faire, surtout prit en trop grande quantité.

- Ne le prenez pas personnellement Padre. C'est une question de sécurité. Vous comprenez, n'est-ce pas?

Même s'il l'avait tourné ainsi, ce n'était pas une question. Il ne lui demandait pas son avis. Il lui faisait juste comprendre que c'était ainsi et qu'il avait intérêt à se plier à SA volonté, car le doigt vengeur de Dieu était moins dangereux que d'être dans le viseur de Swearengen. Surtout qu'à force de tenter de le dissuader de le faire, Vargas poussait son interlocuteur à vouloir en savoir encore plus. Finalement, qu'avait-il à cacher pour ne pas vouloir simplement montrer sa lettre? N'était-ce pas un comportement suspect en soi?

Le tenancier du Gem observa le prêtre passer par tous les états d'âmes en quelques secondes, alors qu'il crut d'abord qu'il lui rendait sa lettre, montrant donc un brin de confiance en sa personne, avant que les paroles qu'il venait de prononcer ne se fasse un chemin jusqu'à son cerveau. Et oui, il n'était pas aussi bon que cela, au moins, ne lui faisait-il pas l'affront d'ouvrir le courrier lui-même, n'était pas une preuve de bonté de sa part? Comment ça, c'était bien trop en demander?

Pas sérieux, lui? Son air lui faisait bien comprendre que rien chez lui n'avait de comique, pas à l'instant en tous les cas et que oui, il était très sérieux. Quand il lui parla d'une malédiction divine, Al ne put s'empêcher un léger sourire, tout en lui faisant comprendre que cela devait faire bien longtemps qu'il n'était plus dans les petits papiers du divin.

- Vous n'inventez pas la poudre, Padre. Autant dire que sa menace à part le faire doucement rigoler, ne l'atteignait pas plus que cela.

Le papier finalement sorti de sa protection, Al l'attrapa pour le parcourir des yeux, il ne s'attarda pas sur les histoires de famille, tout ce qu'il cherchait c'était de voir s'il était incriminé dans quoi que ce soit, mais ce n'était pas le cas. L'homme d'église avait donc dit la vérité. Il rendit donc la feuille à son propriétaire.

- Pas encore. Terminant le café qui se trouvait dans sa tasse. Vous transmettrez mes salutations à votre chère mère. Peut-être que notre ami y verrait une menace sous-jacente. Peut-être n'aurait-il pas tort de l'entendre. Bonne journée, Padre. Lui faisant une petite tape presque amicale sur l'épaule, avant de quitter le dépôt.

Ce n'était pas tout ça, il avait encore beaucoup à faire. Retrouvant la rue principale, Swearengen évita un mec étalé dans la boue, pour rejoindre un autre bâtiment, il avait encore quelques rendez-vous à honorer avant de pouvoir retourner au Gem et le temps, lui, n'attendait pas.

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Message Sujet: Re: Bravery above and below ft. Al

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