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 Regretter et vivre [Chris']

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Bastard and proud of it

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Message Sujet: Regretter et vivre [Chris'] 14th Décembre 2016, 22:23


Pour certains, il faisait trop tard. Pour d’autre, il était trop tôt. Cette période charnière qui séparait la nuit du jour était toujours un instant trop indécis pour les deux créatures, l’une de la nuit et l’une du jour. Les premières aimaient boire de tout leur soul du coucher du soleil, aux levées du soleil. Les seconds appréciaient brûler leur dos sous les rayons ardents de la journée. L’un savait que sa journée débutait quand le second retournait du travail, le dos cassé. Cependant, les créatures de la nuit s’endormaient et n’indiquaient nullement la relève aux créatures du jour. Ces dernières, par paresse ou pour d’autres raisons, ne voulaient pas reprendre cette relève du jour et de la nuit.

C’était cette période charnière qui était synonyme d’heures de prière pour moi. Les soirs, je travaillais souvent au Saloon, tantôt à pousser les hommes à boire, tantôt à n’être qu’un véhicule d’un plaisir éphémère voire brutale. Le jour, je ne pouvais décemment pas mettre pied dans un tel lieu saint sans subir le regard de désapprobation de la population. Je pourrais supporter, si je m’y efforçais, mais je n’y arrivais pas. Et davantage encore moins lorsque je voyais ces familles : j’aurais pu être une de ces familles si on ne m’avait pas capturé, et forcée à cette vie de servitude et de vices, si on n’avait pas tué mon Hank … Voir ces familles n’étaient qu’un puissant rappel de tout ce que j’avais perdu, qu’un cuisant rappel de la honte quotidienne dans laquelle je me traînais, bon gré, mal gré. Ainsi, je ne choisissais ni la nuit, ni le jour. Je choisissais l’heure bâtarde, l’heure de la solitude.

En silence, je psalmodiais différentes prières, tantôt lues dans la bible, tantôt désirée par mon cœur et mon esprit. Je désirais sortir de cette misère et honte. Je souhaitais retrouver un semblant de dignité. Je voulais une illusion de bonheur. Et surtout, j’implorais pardon et miséricorde pour la vie dans l’au-delà. Et c’est là que le malin s’amusait de moi : il me rappelait certains hommes, ceux qui me dégoutaient comme ceux qui avaient pu créer en moi un sentiment de fascination. C’est à ce stade-ci que j’abandonnais mes prières, et que je me contentais de garder la tête baissée, submergée par le mépris à mon égard, et de honte.

- Oh, vous êtes là, comme toujours. Vous devriez vous reposer que vous déranger pour la pêcheuse que je suis
, me contentais-je de dire en guise de salutation au chef de ce lieu saint qui s’approchait de moi.

Il n’était pas rare qu’il s’assoit à mes côtés pour entendre mes confessions, ou mes doutes. Oh, je ne disais nullement les pires vices. Je me contentais seulement de décrire des vœux : ce que je souhaitais. Quelque fois, je me montrais hardi au point d’exprimer des craintes : mon châtiment en Enfer. Aujourd’hui, pourtant, je ne voulais dire ni l’un ni l’autre. Je voulais parler d’autre chose : de la réalité. Après un moment de silence, je me décidais à desceller mes lèvres pour entamer une étrange conversation.

- Les premiers jours au Gem, je pensais fuir et rejoindre un couvent. Ou tout simplement l’Eglise. Et puis, j’ai pensé : comment ? Le temps que je rejoigne un couvent, je serais sûrement violée et tuée par des bandits de grand chemin. Quant à ce lieu culte, j’avais déjà mon passé de femme de petits vertus, je doute que cela puisse être … supportable. Pensez-vous que je me sois trompée ?

M’étais-je condamnée, inconsciemment ? S’il disait « oui », cela ne sera qu’un regret parmi tant d’autres à entasser. Je ne saurais si cela me ferait chaud, ou froid, à vrai dire. J’avais l’impression d’avoir subi une anesthésie : plus rien ne m’atteignait. De faux sourires, de faux soupires … que des faussetés, voilà ce que j’offrais. Quand à ce que j’avais, que je gardais … je ne dirais qu’un pauvre fantôme du passé qui errait encore et encore dans ce corps usé et abusé. J’observais, j’attendais, je cherchais. J’errais.  
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Bastard and proud of it

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Message Sujet: Re: Regretter et vivre [Chris'] 16th Décembre 2016, 07:16

Regretter et vivre

La tête étourdie, les sens qui s’enivrent dans l’irrégularité des mouvements de mon corps, les étoiles déjà bien ancrées dans un ciel qui murmure la nuit, je dépose la bouteille vide sur ma table de chevet, ou du moins, ce que j’imagine l’être. Elle tombe par terre, frappant durement les planches de bois qui constituent le plancher de ma chambre à coucher, tapissant la pièce de milliers de morceaux de verres. J’attrape le balai de la pièce qui refuse d’être immobile, lui gronde des insanités, et envoie tous les morceaux de verres sous mon lit, amas de poussière d’étoiles des alcooliques que je ramasserai cette semaine quand j’aurai moins bu. Je me laisse tomber sur mon lit, les supports de métal hurlant de douleur, décriant la férocité de mon laisser-aller. Je m’insurge, leur intimant de se fermer la gueule, et aussi rapidement suis-je tombé sur mon lit que je suis endormi, possiblement prisonnier entre les deux extrémités de la congruité de mon existence. J’avance d’un pas, le décor d’un blanc vêtu qui ferait fuir n’importe quel homme, mais comme si j’étais dans le secret des dieux qu’il ne s’agit que d’un rêve, j’enchaîne les pas dans le néant, l’air béant, l’esprit tourmenté, désireux de découvrir la clé des milliers d’énigmes qui forment la vie que je mène et celle que j’aurais aimé mener à une époque où la peur n’était pas le moteur de mon corps. Un craquement se fait entendre, je me retourne. Le décor est inchangé, mon orientation est tout ce qu’il n’y a pas de fluide. Je perds mes repères, ignore dans quelle histoire je me retrouve encore mêlé. Un second bruit se fait entendre, les portes se referment.

Je me lève en sursaut, les sueurs de mon front aptes à alimenter le plus vaste des océans. Ma respiration est haletante, mon cœur se fait entendre jusque dans mes tempes, mon souffle refuse d’être muet. Je retrouve mon calme, préoccupé par ce qui m’a réveillé, mais incapable de mettre le doigt dessus. J’entends un pas, puis un autre, puis un autre. Puis plus rien. Il y a quelqu’un dans l’église. J’essaie de regarder autour de moi, mais je ne vois rien. La nuit est encore présente, les étoiles brillent toujours de leur présence dans le firmament. Je me lève, et j’enfile rapidement un pantalon et une chemise, dont les boutons ne concordent pas avec leur trou respectif, mais il faudra me pardonner, il fait nuit. Je chausse mes bottes, gracieuseté d’un homme du village qui avait pitié de ce que je portais aux pieds jadis, puis me lève. Je m’approche de la porte qui sépare ma pièce privée du reste de l’église, retire la chaise qui bloque innocemment la porte et déverrouille les trois verrous qui s’y trouvent. J’empoigne courageusement mon balai, véritable arme contre des pistolets, puis ouvre délicatement la porte. De l’autre côté, une silhouette, assise sur un banc, que je distingue mal, mais que je semble reconnaitre. La seule âme présente dans la maison de Dieu à pareille heure, la tête penchée, murmurant des prières tantôt fidèlement recopiées, tantôt fièrement inventées.

«Mademoiselle McClegan», dis-je en m’approchant de la jeune femme. «Je ne dormais point, soyez sans crainte», enchéris-je en passant mes mains dans mon visage pour me remettre de ma frousse.

Je m’assois à ses côtés, comme je le fais régulièrement lorsqu’elle entre à l’église en pleine nuit, anxieuse à l’idée que le jour puisse l’apercevoir, elle, cette femme de petites vertus, dans un lieu sacré tel que l’église. Je fixe le vide droit devant moi, comme j’ai l’habitude de le faire quand je prends place à côté d’un habitant de cette ville, les contrecoups de ma cuite de la veillée passée qui me rentrent dans le corps comme une locomotive à vapeur le ferait si j’étais bâillonné sur un chemin de fer, les cheminots s’afférant à m’empêcher de quitter les rails. Nous demeurons en silence quelques instants, puis comme il est de mise depuis qu’elle fréquente l’église de nuit, elle brise finalement la quiétude des lieux.

«Il y a en ces lieux deux courants de pensée qui se heurtent l’une à l’autre, dont l’une à la prééminence de facto parce que décrite en des mots très sages dans un ouvrage qui régit nos églises depuis bientôt deux mille ans.» Je tourne ma tête vers la jeune femme dont les traits commencent légèrement à percer dans une nuit sombre. «Et la seconde qui ne doit jamais perdre place au sein de votre âme, sans pour autant être en contradiction avec la première.»

Voilà une question qui mérite d’être posée, et réfléchie. Les prêtres les plus orthodoxes l’auraient déjà condamnée à la potence, à l’excommunication d’une voie céleste qui ne devrait jamais être interdite à qui que ce soit au nom d’erreurs du passé. Et du présent. L’avenir est ce que l’homme possède de plus précieux, l’espoir étant le moteur de tout ce qui le gouverne. Je soupire, les effets de l’alcool ne s’étant toujours pas dissipés de mon organisme.

«Ce que je pense n’a d’égal que ceux qui ne font aucune introspection. Servir l’église, servir Dieu, il ne s’agit pas d’obtenir une fonction bien définie comme prêtre, ou encore moniale. Vous servez Dieu à chaque nuit où vous franchissez ces portes et à chaque occasion où il a une place dans votre cœur.» Je hoche la tête dans les ténèbres de la nuit, pour acquiescer davantage mes pensées que mes paroles, à savoir que l’Église n’est aujourd’hui pas prête à ouvrir ses portes aux femmes de joie comme moi je le suis. Avant-gardisme, folie ou naïveté dommageable pour l’ensemble du courant du christianisme en Amérique, ma pensée se heurte bien souvent malgré elle aux bienséances de la religion et des enseignements de la bible.

«En quoi vous tromper hante la quiétude de vos nuits?»
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Bastard and proud of it

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Message Sujet: Re: Regretter et vivre [Chris'] 25th Décembre 2016, 17:06

Je n’étais guère étonnée qu’un tel homme dans une telle ville ne puisse dormir. Les confessions des hors-la-loi et le pardon à accorder devait être une rude tâche. Ou alors, le crime et l’athéisme étaient tels que personne ne venait se confesser et dès lors, l’Eglise n’était qu’un lieu vide où il était difficile de se dépenser physiquement, ou intellectuellement ou spirituellement. Je ne savais pas s’il fallait l’envier, ou le plaindre. Cependant, je taisais cette interrogation. Soit il se moquera de ma personne gentiment, soit je ne tournerai qu’un couteau dans la plaie d’un des rares hommes à montrer une once de respect à mon égard.

« Aucun homme n’est respectable. Tu n’es seulement pas à son goût » me rappelais-je bien vite à l’ordre. J’avais vite appris en deux ans à quel point les hommes étaient « simples ». Ils se fichaient de la notion d’honneur et de pudeur dès l’instant où leur regard et dévolu se portait sur une beauté selon leur critère. Je m’étais posée la question sur la Femme, également, et la réponse était la même : qu’importe, tant que le regard se posait. La seule différence était qu’une femme était, par nature, moins entreprenante. Il existait évidemment des exceptions.

Un sourire à la fois amer et ironique s’étira sur mes lèvres lorsqu’il disait qu’avoir Dieu au cœur était suffisant. Alors, pourquoi est-ce qu’à cette pensée divine, je ressentais une cuisante honte ? Au lieu de trouver de l’espoir, et une échappatoire, je ne m’empêtrais que dans un désespoir plus profond, à croire que le Divin m’avait abandonné à ma détestable situation jusqu’au Jugement Dernier. J’aurais pu me taire là, persuadée qu’un homme de foi et une femme de petites vertus ne pouvaient se comprendre et communiquer pleinement, mais pourtant, voilà que ma langue continuait à bouger, et à déverser flot et flot de paroles.

- J’ai brisé le cœur de mon père en le quittant pour un homme que j’ai aimé. Suite à ma disparition, j’ai tenté de communiquer avec mais on m’a dit qu’il s’était donné la mort, dis-je en restant aussi calme que je le pouvais alors que j’étais accablée au plus profond. Je suis rongée par la culpabilité à l’égard de mon père. Puis à l’égard de mon mari. N’aurais-je pas du montrer plus de ferveur à quitter ce lieu et affronter tous ces dangers, et prévenir ainsi à temps cet époux avant qu’il ne commette l’irréparable ?

Si j’avais eu plus de jugeote, est-ce que les choses auraient pu être plus différentes, et bien meilleures ? Une question qui m’avait taraudé chaque jour et chaque nuit durant les premiers mois de mon deuil, quoique un deuil tâché et sacrilège car j’étais devenue depuis bien longtemps l’ardente Ruby du Gem.

- Est-ce que j’ai accepté ce destin de débauche beaucoup trop vite ? Je crains que lorsque je serais jugée, que l’on m’accable du crime de ne pas m’être assez battue contre ce coup du sort. Je crains également que l’on me juge pour avoir déjà apprécié quelques très rares compagnies. Ai-je le droit, ou non ? Je ne sais plus ce dont j’ai le droit, et que je n’ai plus le droit.


Je soupire, lassée de cette vie, lassée de ces interrogations, lassée de ma personne et de ce monde. Je plonge finalement mon regard dans celui du prêtre pour poser une question qui brûlait mes lèvres voilà bien des semaines, depuis que je l’avais aperçu.

- Je n’ai plus connu une seule nuit paisible depuis deux ans, confessais-je. Si ce n’est pas les « hommes », ce sont mes pensées qui tiennent éveillées, introduis-je en faisant une courte pause silencieuse. Dites-moi mon Père, goûtez-vous à un sommeil reposant et réparateur nuit après nuit ? Pouvez-vous me décrire ce que j’ai oublié ?

Dormir en paix, voilà bien une notion que j’avais totalement perdue. Je cachais ces multiples cernes avec ces fards. Je dissimulais ma mauvaise humeur sous de faux sourires. Personne ne voyait que je n’étais plus qu’une loque humaine, vagabondant de-ci de-là, une simple poupée que les hommes maniaient en se pensant maîtres, en se pensant forts, en se pensant « plaisants ». Ils pouvaient l’être, comme ne pas l’être, je ne ressentais que peu de choses.
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Message Sujet: Re: Regretter et vivre [Chris'] 10th Janvier 2017, 03:37

Regretter et vivre

La nuit plénière dans un ciel qui, trop souvent, laisse la terrible impression d’abandonner les hommes sur Terre. Cette douce nuit, dangereusement tranquille, où les morts se font rares dans une époque où celles-ci doivent se faire du bout d’un canon de revolver sur la place publique. Une nuit comme les autres où, mon sommeil entrecoupé d’innombrables pensées et regrets, se plaît à jouer un rôle salvateur de médiation entre deux journées sanglantes. Pas une semaine ne passe sans qu’une mort spectaculaire retentisse du bout d’un canon de revolver. Pas une semaine ne passe sans que mon église soit le refuge d’une âme blessée, détruite par la disparition d’un être cher. Je ne peux imaginer la peine qu’a ressentie son père lorsqu’elle s’est éprise d’un homme qu’elle aimait, et je ne peux imaginer ce que j’aurais fait en pareille situation. Bercé par la peur, bercé par la lâcheté, je serais peut-être bien resté et, à défaut de vivre quelques moments de bonheur, aurais vécu mes jours restants dans un affolant mal de vivre orné de peine, de pathétisme et de regrets. Une vie que je semble vivre aujourd’hui, terrifiant constat d’une vie parsemée d’échecs où l’espoir n’est plus qu’un rêve inatteignable.

Et pour preuve, me voilà au milieu de la nuit à chercher mes repères entre un abus excessif de whisky et une visite nocturne inattendue d’une femme que je ne pourrai aider tant elle reflète mes propres maux. La bouche pâteuse, le goût du whisky mêlé d’une haleine qui pourrait sans mal tuer un bœuf, j’écoute attentivement la femme de petites vertus me raconter une parcelle de son histoire, une histoire d’une profonde tristesse. Être rongé par la crainte puis le regret, dangereux cocktail de l’âme, quoiqu’en dirait le Seigneur, souvent bien dépassé par les extravagances de l’homme. Un Seigneur qui n’a jamais su s’adapter à l’époque américaine, dépassé par des modes de vie dégradants devenus chose courante. Les mœurs évoluent, ou le contraire, et il n’en tient qu’à l’homme de reprendre le contrôle de sa vie. Encore faut-il qu’il soit en mesure de le faire, pardon ou non, avant tout pour lui. Et ensuite, pour le Seigneur.

«Que le Seigneur me pardonne ces durs mots en ce lieu saint, mais il devrait vous être égal l’image que vous projetez au Ciel en ces temps obscurs de votre âme, mon enfant. Croyez-vous que les portes du Seigneur s’ouvriront tout bonnement à vous si vous n’êtes pas en mesure préalablement de vous pardonner les erreurs du passé? Vous devez avant tout travailler sur vous avant de Lui demander d’en faire tout autant. Il n’existe aucun remède miracle au regret, sinon le pardon de soi-même…»

J’en sais quelque chose, incapable d’en faire pareil, incapable de me pardonner les décisions qui m’ont mené à Deadwood. Oh!, je ne regrette en rien ma présence dans cette ville du bois mort, où j’ai potentiellement pu échapper aux rapaces du Texas et à la crainte d’être une énième fois volé de ma jeunesse, mais peut-être qu’autrement, aujourd’hui, je serais marié et heureux. À tout le moins, heureux.

«Je ne suis point ici pour vous offrir des réponses directes, mais puisqu’il fait encore nuit», dis-je en riant sobrement, «laissez-moi vous exprimer ma déception face à votre résilience». «Mais laissez-moi également vous exprimer mon optimiste quant à vos chances de vous en sortir. Vos rêves sont forts, vos ambitions sont prononcées, ne laissez rien vous couper de ceux-ci. Dieu vous pardonnera-t-il cette initiative? Il me semble être plus acceptable vos ambitions que la vie que vous menez actuellement, pardonnez-moi mon ingérence.»

Dieu pardonne toujours aux âmes repenties. Je serais un très mauvais prêtre de conseiller aux enfants de Dieu de vivre leur vie à fond et, à la fin de leurs jours, exprimer des regrets pour obtenir le divin pardon, mais entre les branches, certains disent que je n’ai nullement le profil d’un prêtre d’exception. Avant-gardiste, disent certains, mais après tout, n’est-il pas de la volonté de Dieu que l’homme s’épanouisse et aille aux limites de ce que lui offre le monde créé par ses propres divines mains? Prétendre le contraire serait aller à l’encontre de la puissance du Seigneur. Vient alors une question qui me scie littéralement, qui me pousse aux limites de mes propres questionnements, de mes propres craintes. Ai-je un sommeil  réparateur? Voilà une question lourde de sens qu’aucun habitant de Deadwood n’aurait osé poser à l’homme de Dieu de la ville. Mais voilà, miss McClegan n’est pas une habitante comme les autres. Après tout, n’est-elle pas assise sur un banc d’église, en compagnie du prêtre, aux petites heures du matin, à regretter sa vie passée et actuelle?

«Ne vous attardez pas aux choses oubliées», dis-je pour éviter de répondre à sa question. «Concentrez-vous sur ce que vous pouvez ramener dans votre vie. Dites-moi, ce sommeil reposant et réparateur peut-il être de retour dans votre vie? Si oui, comment pourriez-vous y parvenir? Et ultimement, si non, qu’apportera ce couteau dans votre plaie, sinon un doux et éphémère oubli du mal que la mort de votre époux vous cause quotidiennement?»

Je m’arrête instantanément, figé moi-même par mes dernières paroles, propulsées sans doute aucun par les relances de mon taux d’alcoolémie qui ne doit pas être à son plus bas niveau en ce moment. J’avale ma salive, détourne mon regard de la jeune femme, puis le pose sur le sol encore sombre d’une nuit bien présente.

«Pardonnez-moi, j’ai dépassé les limites.»

HRP:
 
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