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 Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien.

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Invité
Bastard and proud of it

Invité
Message Sujet: Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien. 11th Décembre 2016, 15:37

prénom(s) nom
27 ans - A la recherche d'un boulot - The Wild Horde

   
you never know who i am
Nom : Verner Prénom(s) : Émile Surnom(s) : Chien Lieu et date de naissance : 5 Janvier 1851, dans un ranch de l'IowaÂge :27 ans Statut marital :Célibataire Situation financière : Délicate Occupation : Ancien bandit en repentance Arrivé(e) à Deadwood : Emile vient d'arriver il y a quelques jours. Groupe : The Wild Horse


   
everyone has a story, listen to mine
Béni soit le 5 Janvier de l'An de Grâce 1851, qui vit venir au jour Emile Verner, le fils du pasteur.

Ce n'est pas une phrase qu'on entend tous les jours. A dire vrai, la seule fois où on l'a entendu, ce fut lorsque son oncle la prononçait, portant un toast à sa naissance. La scène était pittoresque. Une famille de bouseux étaient attablés autour d'un banquet reposant sur une table de chêne pourri, dans le salon poussiéreux d'un ranch de pionniers dans l'Iowa. Le maître des lieux était Patrick Verner, l'oncle de celui qu'on appellerait plus tard Chien. Sous son toit vivaient sa femme, ses deux insupportables chiards mais aussi son frère et sa compagne, et désormais le petit Emile. Si Patrick élevait les bêtes et cultivait un lopin de terre, son frère lui était un pasteur estimé dans la communauté locale. Un patelin perdu se trouvait à quelques miles de là, et il y exerçait avec passion. Sa paroisse le lui rendait bien, et les rumeurs allaient bon train. On entendait souvent dire que le pasteur n'était le chantre de la Vierge que dans son église, et qu'il en défleurit quelques unes dans la campagne. Sa pauvre compagne, Elizabeth, cocue de son état, était elle une femme pieuse, croyante et réservée. Elle aidait son beau-frère et sa belle-sœur au ranch et tenait la maison, s'occupait des enfants comme une bonne chrétienne. Toute la belle famille avait le sens du travail et des valeurs bien ancrées. Le travail, la famille, et ce genre de chose. Avec le Seigneur au-dessus de ce joli portrait, bien sûr. Au final, le seul qui avait le diable au cul, c'était cet enfoiré de pasteur. Il niquait tout ce qui bougeait, et les filles du saloon le connaissait mieux que la Bible. Malgré tout, tous les jours, il allait donner la messe et le sermon, sous le regard amusé de ceux qui savaient. Et même que sa bonne femme venait prier avec lui certains dimanches.

Sacré famille, pas vrai ? Malgré tout, elle était heureuse. Liz était heureuse que son mari s'envoie d'autres femmes en l'air en ville, et lui était heureux de le faire. Patrick était bien heureux que Liz la naïve l'aide au labeur, pendant que son frère menait la belle vie en ville, et revenait puant l'alcool et le parfum féminin le soir. Vous voyez bien le délire ? Ca pouvait pas durer.

Ma foi, ils tinrent quand même quelques années. Le petit Emile eut le temps de grandir un peu dans cette étrange famille. Patrick était un chic type, et il s'occupait bien de son neveu, aussi bien que de son propre fils. Faut dire que son père n'était pas beaucoup à la maison, il rentrait tard, vous comprenez : il fallait satisfaire la paroisse. Comment ? Je n'ai pas dit son nom, au foutu pasteur ? Bien sûr que non, j'ai pas dit son nom. Qui se rappelle du nom de cet enfoiré ? Même Chien l'a oublié. L'a pas marqué la vie de grand monde, vous savez. Mais laisse-moi continuer.

Patrick et Elizabeth firent don à Emile d'une bonne éducation. Il était assez malin, le gamin. Déjà, il voyait bien le petit manège avec son père. Son oncle fut office de figure paternelle de substitution. C'était un homme dur mais juste, avare en affection mais qui savait faire ressentir sa fierté aux marmots. Emile grandissait avec ses cousins au milieu de la campagne de l'Iowa, des chevaux et du grand air. C'était un gamin heureux, souriant du matin au soir. Enfin, du matin à l'heure du souper. Jusqu'à ce que le pasteur ne rentre débraillé et ne trouve un nouveau moyen d'humilier sa femme, de froisser son frère ou d'effrayer son fils, de s'éloigner un peu plus de lui et de la parole de Dieu.

Enfin. Je vous disais que Chien se souvenait pas du nom de son paternel, mais je pense plutôt qu'il l'a oublié. Qu'il s'est forcé à l'oublier. Un genre de protection. Les seules fois où il en parle, c'est soit avec amertume, soit avec une haine profonde. C'est pas forcément son sujet de conversation préféré, à dire vrai.

Par contre, Patrick et Liz... Ils lui ont tout donné. Sa mère était très aimante. Cela compensait un tant soit peu. Elle s'occupait de son éducation avec soin, et Emile fut très vite lettré, et bercé par les conneries de la Bible. Patrick quant à lui lui apprit la dure vie de pionnier. Dès que le gamin fut adolescent ou presque, il se mit à contribuer à la plupart des tâches au ranch. S'occuper des chevaux, du bétail, réparer les outils, aller en ville vendre les récoltes... C'était un vrai petit cow-boy. Il apprit très tôt à chevaucher les étalons de son vieil oncle, et à 15 printemps, il pouvait déjà quasiment faire rouler les affaires tout seul. Il avait un truc en plus. Il avait le flair. C'était un sacré bon cow-boy. Il savait y faire avec les bêtes, aussi bien pour les mener que pour les retrouver quand elles étaient égarées. Un vrai chien de troupeau.

Désormais, c'était un grand gaillard. Il était futé, et plutôt mature avec la vie qu'il menait, entre la vie au ranch et la rudesse de son père. Ce dernier vieillissait mal. Il devenait violent, et sa réputation en ville n'était plus à refaire. Tout le monde savait que le pasteur était un poivrot et un gros client du saloon, en boisson comme en chair fraîche. Le gamin supportait plus sa présence, et quand il ne s'enfermait pas dans sa chambre, il partait passer la nuit dans la campagne. Il prit goût assez vite à ces escapades nocturnes dans l'ouest sauvage, loin de tout, seul face au silence et la froideur du monde. Là il pouvait s'asseoir et écouter, observer. Ce monde n'était jamais figé, malgré les apparences. Les plaines, même désertiques, se mouvaient en permanence. Le vent les balayaient, le poids des sabots faisait trembler le sol et leur galop soulevait la poussière. Les bêtes hurlaient dans la nuit noire, et Emile faisait de même. Il appelait pas les loups, il crachait sa haine et son dégoût. La colère bouillonnante qui coule dans les veines adolescentes.

La plus dangereuse qui soit.

Ce n'est pas un gamin bavard. Il ne parlait que lorsqu'il avait quelque chose à dire. Ainsi, il ne dit rien pendant des années. Même quand il entendait sa mère supplier le pasteur d'arrêter de la battre dans la chambre d'à côté. Même quand en ville, il entendait les autres gamins se foutre de lui, de son ivrogne de père, et de l'honneur bafoué de sa mère.

Il se tut jusqu'à ses 19 ans. Il croyait qu'il n'avait rien à dire jusqu'alors. Qu'il devait rester à sa place de « sale petit morveux », comme disait le pasteur. Il se contentait d'acquiescer. De travailler. Et de crier contre le vent et le destin, lors de ses promenades solitaires.

Mais un soir, ce fut trop. La haine, ce n'est pas un bon vin. Plus elle mûrit, moins elle est bonne. Elle devient vicieuse, d'une violence inouïe quand elle a couvée trop longtemps.

Il était allongé sur le dos, sur son plumard au confort spartiate. Le sommeil peinait à le trouver comme d'habitude. Dans le chambre d'à côté, tout avait été calme jusqu'alors. Jusqu'à ce que sa mère ne refuse de remplir son devoir conjugal. Les bruits de coups commencèrent alors. Des claques d'abord. Emile fermait les yeux, essayant d'évacuer les claquements sonores de son crâne, avant que les gémissements de sa mère ne trahissent les coups de poings et de pieds. C'était trop. Il allait exploser. Une nuit de plus sous le même toit que cet enfoiré et il mettait le feu à tout. Au diable les Verner, la famille et les valeurs. Quelles foutues valeurs ? Quelle putain de morale permettait à cet enfoiré de frapper sa mère ? Quel foutu mariage lui permettait de la violer tous les soirs ?

Cette fois-ci, le sang vicié qui coulait dans ses veines ne fit qu'un tour. Il sautait de son lit et descendait l'escalier dans une folle furie. Dans le salon, il s'empara de la carabine de Patrick, accrochée au-dessus de la cheminée. Il fit un détour par le placard pour glisser deux cartouches dans le canon de l'arme.

En quelques secondes, il était de nouveau à l'étage, face à la porte de la chambre parentale. La porte était verrouillée. Le pasteur gueulait à Patrick de dégager, que cela ne le regardait pas. Patrick dormait de l'autre côté du couloir, encore une fois, le pasteur se trompait sur toute la ligne. Deux coups de crosse bien sentis dans la porte finirent de le convaincre d'ouvrir. Son visage se décomposait en découvrant son fils armé d'une Winchester chargée. La Yellow Boy était pointée sur son torse. Il entrouvrit sa bouche, sa maudite bouche bonne à sucer des queues et cracher des sermons hypocrites. Elle n'eut le temps de laisser sortir son venin, les cartouches de .44 lui avaient déjà fait deux nouveaux trou du cul dans le torse. Le pasteur s'écroulait par terre, dans une chute pathétique en arrière, dévoilant sa femme en sang, à genoux près du lit. « Maman, c'est finis, Maman », voilà tout ce qu'a su dire le gamin. Sa mère, elle, hurlait. Est-ce qu'elle hurlait de désarroi, de peur, de désespoir ou de soulagement, il ne l'a jamais compris. Patrick avait déboulé à son tour. Sa femme et ses gosses arrivait, il le leur interdit, les expédiant dehors.

Là, y avait un sacré dilemme familial. La femme du pasteur se lamentait sur le corps tiède de celui-ci. Patrick avait repris sa carabine et collé une beigne magistrale au gamin, lui demandant en hurlant pourquoi, pourquoi il avait fait ça. Il savait très bien pourquoi. Mais un meurtre restait un meurtre. Le pasteur avait le droit de frapper sur sa bonne femme si ça lui chantait dans ce monde, et de lui faire l'amour quand il le voulait, puisqu'ils étaient mariés. C'était la seule leçon à retirer de l'histoire. La morale chrétienne donnait raison au cureton de mari, aussi froid qu'il était maintenant. Mais Patrick aimait le gamin comme son propre fils, et il allait pas le condamner à la pendaison. Il le prit par le col et le sortit dehors. Il lui flanqua la carabine entre les mains. Il repartit et revint avec un sac en jute, remplis à la va vite de provisions. Ce qui lui dit fut simple : prends un cheval et barre-toi, chevauche jusqu'à en perdre haleine, loin de ce bled. Fuis tes pêchés et ceux de ton père.

C'est ainsi que Emile quitta la paroisse. Il partit au Nord. La chevauchée fut longue et solitaire. Il voulait gagner le Minnesota au plus vite. Le lendemain, le shérif était à ses trousses. Mais il était déjà loin. Il avait l'habitude de s'aventurer seul dans les campagnes. Il savait chasser, faire un feu et soigner les petites blessures. Qui plus est, comme je vous l'ai dit, il avait un truc spécial, c'était un vrai limier. Il vivait bien seul, mais on survit pas éternellement en ermite dans le monde sauvage. Pas quand on a 19 ans et un nombre de cartouches limité.

Il tint un an sans retourner au monde civilisé, se baladant entre le Minnesota et le Dakota du Sud, restant toujours proche des frontières. Il s'arrêtait régulièrement dans les bourgs, se payer une pute et un bain, vendre quelques trucs qu'il avait choppé dans le désert. Il lui arrivait même de jouer les portes-flingues pour se faire quelques pièces. Dès lors, on commença à l'appeler Chien. Il était crade et triste, se baladant les épaules affaissées, comme un foutu cabot errant. Il payait pas de mine, le gamin, mais tout le monde savait que lui et sa 1866 pouvaient mordre.

C'était un simple vagabond, qui pouvait plus se permettre de foutre un pieds dans l'Iowa. Mais les vices du père coulent dans le sang du vice. Emile avait pas eu une enfance tendre. L'amour de Patrick avaient pas rattrapé les coups du pasteur, sur sa trogne comme celle de sa mère. Et il avait le même sang que cet enfoiré. Il était malin et pas bavard. Mais je dois avouer qu'il avait aussi quelque chose qui clochait, un truc en moins dans la tête. C'était pas un idiot, non non, il lui manquait pas une case... Plutôt une morale. Il crachait sur les religions et les normes. La figure de pasteur complètement bancale de son père l'avait fait grandir avec des icônes absurdes et dégoûtantes. Il avait tout remis en question. L'éducation de sa mère n'avait rien pu y faire, après le meurtre et la solitude, il avait perdu les pédales. Le garde-fou qu'était la morale était absent de sa conscience. Le clébard était une sorte de chien fou.

Les temps devenaient dur pour ce clochard de Verner. Il se mit à voler en ville. Seul, au début. Et puis... Quand on est du mauvais côté de la loi, on se trouve rapidement des collègues. Il rejoignit une bande qui écumait le Minnesota. Le chef s'appelait Roy l'Édenté. L'avais plus que deux chicots, mais c'était une terreur. Il apprit à tirer à Emile. Et bientôt, tous l'appelèrent eux aussi Chien. C'était le limier de la petite bande. Ses derniers états d'âmes s'envolèrent bientôt. Au diable son enfance de pionnier, il ne vivrait plus dans la peur, l'amertume et les regrets. Lui aussi serait craint. Surtout par les enfoirés de pasteurs. Chien avait un rôle particulier pour les gars de l'Édenté. Ses talents pour pister et se balader dans la cambrousse avait fait de lui leur éclaireur, mais pas seulement. Il traquait les proies qui s'échappaient et kidnappaient celles qui étaient isolées, pour demander une rançon ou s'offrir une petite partie de jambes en l'air. Combien de jeunes garçons, de gamines ou de types égarés avait-il chopper au lasso ? Combien d'enfoirés avait-il pister dans les forêts, les plaines, pour les dépouiller ? Combien de ranch avait-il mis à feu et à sang, allant trouver le moindre gosse ou la moindre bonne femme terrée dans un coin de la maison, dans un placard ou une cave secrète ? Il avait le regard vif et attentif, il regardait partout, on disait qu'il flairait tout. Il était comme tout le monde, il sentait pas plus loin que les autres. Il était juste vif, rusé et avait ce truc. Il regardait partout. Il voyait tous les petits trucs que les autres ne voyaient pas. C'était son don. Et cela fit couler le sang, l'or et la cyprine.

Il aimait ça. Il l'a aimé pendant un sacré paquet d'années. La chasse à l'homme était la plus excitante des chasses. Ça aurait pu durer éternellement, à vrai dire. L'avait ça dans la peau, le bougre. Et le mal appelle le mal. Surtout quand on agit en bande. Bientôt, leurs trognes à tous furent sur de jolies affiches aux quatre coins de l'Etat. Les chasseurs devint les chassés. Mais ça ne les empêchait pas de continuer à terroriser les campagnes. Le Minnesota était vaste.

Pendant cette vie faste de tuerie, de braquages, sans morale ni honneur, il parvint à tout oublier. Jusqu'à son nom. Rares étaient ceux qui l'appelaient encore Emile. Chien, c'était comme ça qu'il se reconnaissait. Souvent agrémenté d'autres particules : Fou, Méchant, Futé... Il était un sale clébard. Une de ces bestioles à puces qui traînent dans les rues, agressives et voleuses. Assez maline pour vous rendre vache. Assez mauvaise pour vous détourner de l'idée de l'adopter.

Elle était pas si mal, cette vie. Certes, il était devenu un sale type. Il ne pouvait pas nier que certaines nuits, quand son tour de garde venait et qu'il entendait les coyotes glapir au loin, ses vieux démons surgissaient de nouveau. Le cadavre du pasteur, les cris de sa mère. Mais aussi les bons souvenirs. Patrick qui jouait de la guitare près du feu. Elizabeth qui lui lisait la Bible avant de dormir. Il était loin de tout ça désormais. Il avait l'impression d'avoir les souvenirs d'un autre coincés dans le crâne. Tout cela paraissait irréel... Comme un lointain cauchemar. Et pourtant...

Ca aurait pu durer une éternité. Mais l'étau se resserrait. Une telle bande de sanguinaire, ça faisait trop parler. Et puis, ils étaient pas assez mobiles. Depuis quelques temps, avec l'arrivée de l'hiver, ils stagnaient près de la frontière de l'Iowa.  Ils ne le savaient pas encore, mais ils allaient payer pour leurs pêchés. Cela faisait des années qu'ils terrorisaient la région, de la frontière du Dakota à l'Est du Minnesota. Ils avaient pris l'or de biens des paysans, et la vertu de leurs filles. Plusieurs chasseurs de primes avaient finis le nez truffé de plombs après s'être lancé à la poursuite de l'Édenté et de ses gars. Et tous savaient que Chien les débusquaient bien avant qu'eux ne voient les bandits.

Mais avec l'hiver, les bandits bougeaient moins. La neige et le froid les ralentissait. Ils établissaient des campements d'hiver. Et surtout ils ne pouvaient rester cachés trop longtemps, leurs vivres s'épuisaient vite. Ils étaient forcés de sortir de leurs cachettes régulièrement. Bientôt, sans le savoir, leur sort était jeté.

Des types de l'Iowa et du Minnesota s'étaient passés le mot pour les coincer près de la frontière. Ils y avaient établis un campement au pieds d'une butte. Ils y étaient bien. Il y avait du gibier et des fermes à piller non loin. Cela faisait plusieurs semaines qu'ils n'avaient pas bouger. Ils avaient bricoler des abris, et avaient pris goût au confort sédentaire qui les protégeait du froid mordant. Ce fut leur dernière erreur.

Chien les flaira trop tard. Ils n'eurent pas le temps de déguerpir. Les bourrasques de vent changeantes, la neige et la brume des nuits d'hiver avaient couvert leur approche méticuleuse. Les brigands s'étaient trop reposés sur leurs lauriers. Quand Emile vit le feu des torches, et le fer des canons briller à proximité du camp, il était trop tard. Comme des années en arrière, son sang ne fit qu'un tour, chargé de peur. Comme face à son oncle, il s'imaginait de nouveau la corde au cou. La réalité l'avait rattrapé : il n'était pas intouchable. Les remords n'avaient pas encore le temps de lui venir à l'esprit, une seule chose l'obsédait : s'échapper, fuir la mort, par ces hommes ou par la corde. Ou pire encore, la prison, la mort de la liberté, le règne morose de la captivité.

Il s'affaira en silence. Rassemblant ses maigres affaires, sa Yellow et quelques vivres, il se glissait dans la tente de l'Édenté pour tirer le butin et se tirer tant qu'il était temps. Cet enfoiré ne dormait pas, il était en train de sauter leur otage du moment. Un jeune fermier d'à peine vingt ans. Alors comme ça Roy aimait les hommes ? Il eut à peine le temps de trouver une excuse ou la raison de l'interruption soudaine de son limier, car deux coups secs vinrent lui trouer la peau et colorer la tente d'une jolie couleur pourpre. Le type dans le lit criait de surprise, et ce fut comme un déclic. On se mit à crier de partout dehors. Mort aux brigands, que ça criait. Des coups de feu partait, des torses étaient jetés dans le camp. Les pistoleros se réveillaient et tiraient à l'aveuglette contre leurs adversaire en surnombre, alors qu'ils étaient encore en sous vêtements voir nus.

Chien fit pas de cas de l'otage. Il remit un pruneau entre les oreilles de Roy, par précaution, avant de prendre le magot et de se tirer dans la nuit, embarquant le cheval du macchabée, et libérant les autres, affolés par la fusillade.

Il eut de la chance et parvint à s'éloigner assez vite. Personne ne le suivit. Instinctivement, il s'enfonçait dans l'Iowa. Il chevauchait l'esprit vide, je dirai même libre. Le destin et son subconscient guidait ses pas. C'est dans un ranch de la campagne qu'il atterrit, tout près du bled où un pasteur tenait sa paroisse. C'est une vieille dame qui lui ouvrit la porte de la maison, posant ses yeux las sur un bandit aux yeux noirs. Elle mit quelques instants à reconnaître son fils, qui s'effondrait en larmes, à genou aux pieds de sa mère. Même les mauvais types aiment leurs mères. Plus que tout au monde. Et ce mauvais type là venait de retrouver la seule personne qui lui rappelait qu'il avait été un bon gamin, un jour.

Ils ne parlèrent pas beaucoup. Elle l'appelait Emile, cela lui faisait drôle, d'avoir un vrai prénom plutôt qu'un surnom de desperado. Patrick était mort. Sa femme et ses fils étaient partis habiter en ville. Elizabeth restait seule dans le ranch qui tombait littéralement en ruine, rattrapé par le temps et la nature sauvage. Il lui restait quelques bêtes qu'un jeune de la ville menait pour elle contre un petit salaire. Elle se nourrissait de son maigre potager. Elle faisait encore plus vieille que son âge, fatiguée d'une vie tourmentée, qui était passée de la violence aux remords et à l'attente solitaire après la mort de son mari. Du parricide.

Elle observait son fils en silence. Il mangeait, tout aussi silencieux, la mine fatiguée. Ses vêtements de bonne facture étaient tâchés d'un sang qui n'était pas le sien. A sa ceinture pendait un colt, et dans son dos, la Winchester de Patrick. Il avait des trous dans son pantalon, rapiécés maladroitement, et les yeux d'une noirceur qui lui était étrangère. Elle ne reconnaissait pas son enfant. Il avait les cheveux longs et épais de son père. La même moustache. La même violence endormie, dissimulée derrière des gestes lents et méthodiques, qu'on ressentait au travers d'un regard profond, d'une expression dénuée de sourire. Elle savait qu'il restait du bon au fond de lui, enfoui dans sa haine et toute cette violence qui l'imprégnait.

Il décidait de rester ici. Pour se faire oublier, au début. Il comptait repartir, monter une nouvelle bande, ailleurs. Il ne pouvait pas retourner dans le Minnesota, au risque de croisé un ancien collègue qui aurait survécu, ou de se faire pincer et pendre. Ici, il avait surement été oublié, mais on n'était jamais trop prudent. Il ne quittait pas le ranch. Le meurtre d'un pasteur, même après des années, n'était pas quelque chose que l'on oubliait facilement. Encore plus lorsque le meurtrier était le fils de la victime.

Pour s'occupait, il entreprit de redonner une santé à l'exploitation. D'abord, il s'occupait de réparer la maison, son isolation, ses meubles... Il eut bientôt finis, après quelques semaines seulement. Alors, dans les mois qui suivirent, il s'occupait de la ferme en elle-même. Il refit les enclos, le poulailler, s'occupait du potager et réparait tout ce qu'il pouvait. Il avait le temps, et cela lui vidait l'esprit. Toutes les toitures y passaient. Il apprit même à ferrer les chevaux au jeune cow-boy qui s'occupait des bêtes. Il se mit à travailler avec lui, se faisant passer pour un neveu d'Elizabeth.

Il s'aventura même en ville de nuit, boire quelques coups dans le saloon. Il eut l'occasion, chapeau vissé sur le crâne, de croiser d'anciennes connaissances, de figures qu'il avait connu et qui ne le reconnaissait plus. De filles qu'il avait aimé dans son adolescence, de garçon avec qui il s'était battu ou avait fait les 400 coups.

Cela dura un temps. Un jour, le jeune cow-boy, en cherchant la vieille Liz, découvrit une vieille photo de famille sur un buffet de la maison. Il y reconnut Emile. Il avait 19 ans sur la photo, et, placé à côté de son père, avait un regard noir prédisant un drame. Chien entrait dans la pièce à ce moment là. Leurs regards se croisèrent, et le gamin reposait la photo maladroitement sur le meuble. Chacun avait trahis l'autre, et ils se toisèrent ainsi pendant un instant qui parut une éternité. Jusqu'à ce que le gamin ne se tire en courant à son cheval. Emile fit volte-face, se ruant quant à lui à la porte de derrière, prenant son manteau et son arme au passage.

Deux chevaux quittaient le ranch : l'un allait vers la ville, chercher le shérif. L'autre quittait l'Etat, chercher le salut.

Encore une fois il fuyait. Et cette fois, sans rien sur lui. Son chapeau, son fusil et quelques minutions. Un peu d'argent. Un cheval. Et sans aucune destination. Le Minnesota voulait sa tête, et l'Iowa venait de se rappeler qu'Emile Verner devait y mourir.

Sa chevauchée fut longue et solitaire, une fois encore. La même qu'à ses 19 ans, 8 ans plus tard.
Il se mit à aller de fermes en fermes, de villes en villes, toujours plus loin, vivant de petits boulots et se faisant discret. 8 ans d'errance l'avait éreinté malgré tout. Les retrouvailles avec sa mère avait été un choc émotionnel particulier. Il avait pris conscience de tout ce qu'il avait vu, de tout ce qu'il avait fait. Est-ce qu'il regrettait tout ? Il était incapable de le dire. Il ne savait tout simplement plus qui il était. Il avait besoin de fuir loin, de trouver une nouvelle vie, loin de celle de Chien, et de celle d'Emile Verner. Deux meurtriers qu'il avait dans le crâne. Restait à savoir s'il voulait de nouveau embrasser à nouveau ses vices, ou s'il allait donner une chance à la morale et l'honneur.

C'est vautré dans un saloon du Dakota du Sud qu'il entendit parler de Deadwood, son or, ses indiens. Une ville paumée, nouvel eldorado, en zone de non-droit ? La réputation du coin était mauvaise et Chien avait déjà croisé des pourris qui lui avaient parlé de cet endroit avec ferveur quand il traînait avec Roy. Mais de toute façon, il n'avait plus rien à perdre, et il était fatigué de jouer les fermiers en fuyant toujours plus à l'Ouest. Quelle que soit la vie qui l'attendait là-bas, il la saisirait. Qu'elle soit celle de Chien, ou d'Emile Verner.
Il avait 27 ans de vide derrière lui, et il comptait bien remplir les années qu'il lui restait à vivre sur ce foutu cailloux.

Quoi ? Si je le connais personnellement ce Emile Verner ? Et si je te disais que mon père était pasteur...


   
nobody is perfect, i am nobody
pseudo web : Chien Prénom : Lucas Âge : 20 ans Comment as-tu découvert le forum ? En fouinant sur google ou l'annuaire des forums Qu'en penses-tu ? C'est beau, y a de jolis minois et du whisky. Je pense m'installer quelques temps dans ce cloaque, 'sieur. Avatar choisis : Christian Bale PV, Scénario ou Inventé ?Nope Un dernier commentaire ?  Patron, de quoi m'hydrater le gosier !

   
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Message Sujet: Re: Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien. 11th Décembre 2016, 16:00

PREUMS !
Bale
épouse moi

Bienvenue parmi nous voyou !
Bon courage pour la fichette & have fun !
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Message Sujet: Re: Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien. 11th Décembre 2016, 16:57

Norma-Jean Carmody a écrit:
Bale
épouse moi

Norma je reconnais que tu m'as fais rire ! J'aime aussi beaucoup cet acteur. Il joue bien !

Bienvenue Emile !
Se repentir mais pourquoi ?! Ca va être difficile dans une ville comme celle-ci !
Au plaisir ^^
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Message Sujet: Re: Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien. 11th Décembre 2016, 17:00

Ho Christian Bale ! Super choix d'avatars !!!!
Je te sers un verre mon ami, c'est moi qui régale.
Pour les autres, tu n'auras qu'a venir a mon Saloon

Je te souhaite bonne chance pour ta fiche. J'ai hâte de voir ce que tu nous prépare comme personnage.
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Message Sujet: Re: Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien. 11th Décembre 2016, 17:49

Bienvenue camarade, et bon courage pour la fiche
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Message Sujet: Re: Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien. 11th Décembre 2016, 18:16

Bienvenue

Rahhh mais cet gueule de Cowboy !!! Welcome in Deadwood, j'espère que tu n'aurais pas froid aux yeux, ici, l'alcool coule à flot et les femmes aiment prendre place sur tes genoux !

Bonne rédaction de ton histoire et au plaisir de te lire !



Je pourrais mourir maintenant. Je suis juste…heureuse. Je n’ai jamais ressenti cela avant. Je suis précisément là où je veux être.
(c) black pumpkin
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Message Sujet: Re: Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien. 11th Décembre 2016, 18:20

Bienvenue parmi les bâtards


dead man's hand


by beraberel
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Message Sujet: Re: Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien. 11th Décembre 2016, 18:32

Bienvenue et bonne chance pour ta fiche ! Je suis TRES curieuse de savoir d'où vient ce surnom
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Message Sujet: Re: Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien. 11th Décembre 2016, 21:04

Merci à tous !

Ma fiche est terminée. Bonne lecture.

Wouaf, signé Chien.
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Message Sujet: Re: Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien. 11th Décembre 2016, 21:36

Congrats & Welcome in WB

Tu es enfin validé(e) ! Toutes mes félicitations !
"Cette pu*** d'histoire que nous a fait !!!! J'ai dévoré, adoré !!! Bref, entre le vocabulaire qui va bien et l'histoire de Chien, tu m'as mise sur le cul (façon de parler) Seule petite chose, trois fois rien, je te valide chez les Wanted, car tu es recherché dans deux états, ce qui fait de toi, un Hors la loi ! j'ai qu'une envie, faire un Rp avec toi !!!! "

Afin de t'intégrer au mieux sur Western Bastards, je t'invite à aller :
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Et surtout pour que WB puisse accueillir d'autres membres, d'aller de temps en temps voter sur les Top Sites et de remonter la pub sur Bazzart et Pub RPG Design.

Allez ! On a assez parlé ! Il est temps de sortir tes armes et de faire ton entrée dans la grande famille de Deadwood !



Je pourrais mourir maintenant. Je suis juste…heureuse. Je n’ai jamais ressenti cela avant. Je suis précisément là où je veux être.
(c) black pumpkin
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Message Sujet: Re: Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien.

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Emile Verner, parce que ces vies manquent de Chien.

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