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 In the Embers of Truth [ft. Minnie]

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Bastard and proud of it

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Message Sujet: In the Embers of Truth [ft. Minnie] 10th Décembre 2016, 06:05

In the Embers of Truth

Deadwood. Jolie ville, nouvelle ville. Joli espoir, nouvel espoir. La terre des hommes qui veulent du changement, qui souhaitent un nouveau départ. Ces enfants de Dieu qui espèrent enfin obtenir des réponses à leurs prières, aussi nombreuses soient-elles, mais tout aussi inutiles. Bien entendu que la prière aide, qu’elle permet de communiquer avec notre Seigneur, qu’elle nous assure un lien direct avec celui-ci, mais cette prière ne doit pas être perçue comme autre chose que ce qu’elle est. Nous ne sommes pas en l’an 2000, Harry Potter n’existe pas. La pierre philosophale non plus. Le miroir du Risèd est une invention qui n’apparaîtra pas dans l’imaginaire collectif avant au moins un siècle. La prière n’est pas le miroir du Risèd. Il ne suffit pas d’espérer très fort gagner au poker pour que cela se produise. Dieu n’exauce pas les prières qui ne se conforment pas aux lois divines. Il n’exauce pas les prières dirigées par les péchés capitaux. Je le sais. Trop bien, même. C’est un monde d’évasion, de donation de soi, de soumission. Deadwood, terre des hommes qui veulent du changement, qui souhaitent un nouveau départ. Ces hors-la-loi déchus d’où ils viennent, prêts à revenir à l’avant-scène de la criminalité là où personne ne sait qu’ils ont échoué ailleurs. Ces villageois qui rêvent d’une vie tranquille, rangée. Et les autres, ceux qui veulent se repentir. Comme moi. Qui a été banni de l’Alabama, chassé d’une merveilleuse église, d’une merveilleuse communauté. Faire l’idiot n’est jamais payant. Le crime ne paie pas, qu’ils disent. Les péchés non plus. Ils vous coulent. Ils vous étouffent. Ils vous tuent. À petits ou grands feux, mais ils vous tuent.

Je suis à l’arrière de l’église, assis sur mon lit, fixant le crucifix au haut de la porte. Inconsciemment, j’espère qu’Il me pardonnera si je m’excuse auprès de lui tous les jours. Si je lui demande de me guider dans le bon chemin, de me montrer la voie. J’attends sans cesse une réponse de sa part, mais dans les faits, tant que je n’agirai pas, je ne sentirai aucune réponse. Le miroir du Risèd n’existe pas, ne l’oubliez pas. Je fixe le crucifix, fais le signe de la croix, puis avale une gorgée de whisky. L’un de mes principaux vices, mais l’une de mes principales bouées de sauvetage. Le whisky ne me juge pas, le whisky ne m’utilise pas. Il me sert tant qu’il y en a, il m’offre l’opportunité de m’évader autrement qu’en prières. Je crois aux prières, mais je crois également au whisky. Je suis polyvalent, j’opte pour un équilibre respectable entre les deux. Je me lève, il est à peine dix heures. Les jours de semaine, l’église n’accueille que très peu de fidèles. Et s’ils viennent, ils attendent la menace du coucher de soleil. Ils viennent louanger le Seigneur, période d’adoration d’une heure dans le silence complet. Un silence destiné aux prières à Dieu, à notre Seigneur Jésus Christ le Sauveur. Je hoche les épaules, je dois préparer l’église pour ces fidèles qui viendront en fin de journée. Passer un coup de balai, enlever la poussière de l’Autel, et évidemment, m’adonner à mes prières quotidiennes. Je passe la main dans mes cheveux, ébouriffés, pas lavés depuis quelques jours, puis ouvre la porte qui sépare l’église de mes locaux personnels. Je referme la porte derrière moi, grinçant au son du manque flagrant d’entretien de cet établissement. Je lève la tête, puis aperçois Miss Reevs assise sur un banc, seule, fixant l’énorme crucifix à l’avant de l’église. Il est rare de croiser cette demoiselle aux mœurs légères à l’église, ce qui attire particulièrement mon attention.

«Que le Seigneur soit avec vous, mon enfant», lui dis-je, faisant à nouveau le signe de la croix, et me dirigeant vers le coin droit du fond de l’église pour y prendre le balai.
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Message Sujet: Re: In the Embers of Truth [ft. Minnie] 13th Décembre 2016, 16:36

In the Embers of Truth

J’ai eu une nuit agitée, pas uniquement à cause du travail dans le saloon d’Al Swearengen. Mais aussi parce que je ne suis pas revenue le buste vide – à défaut d’avoir des poches – et que ce matin, je ne suis pas toute seule dans ma couche. Je me lève, contournant le lit pour observer le visage de celui avec qui j’ai certainement dansé une partie de la nuit, mais rien, le néant complet. Je ne me souviens pas de lui, il faut dire que j’ai pas mal consommé hier, d’où cette douleur au niveau de mon front. Je passe une main sur mon visage, disparaissant derrière un paravent pour faire ma toilette rapidement avant d’enfiler une robe. Aujourd’hui, je suis en relâche, je ne travaille pas et j’avoue que ça fait du bien. Je ne suis pas du genre à me plaindre de mon travail, mais ne pas avoir à danser durant une journée et nuit complète, ça va être agréable. Je claque la porte de ma chambre, espérant ainsi réveiller l’inconnu pour qu’il quitte la pension rapidement. Je descends dans la salle pour déjeuner, retrouvant mes frères à une table. Je m’installe, un sourire aux lèvres et je me sers une tasse de café. « Bonne soirée, Minnie ? » Je lève les yeux vers mon frère Jack, il a un sourire moqueur et je fronce des sourcils tandis que John enchérit : « Minnie passe souvent de bonnes soirées, souvent accompagnée en plus. » Je sers les dents en jetant un regard sombre vers John : « Je fais ce que je veux ! » Il soupire : « Tu es ma petite sœur, je n’aime pas voir- » « Alors, ne regarde pas ! » Je me lève de table sans prendre la peine d’avaler quelque chose et je sors de la pension. Je suis la seule fille de la famille, la seule sœur... je sais que mes frères sont protecteurs et qu’ils veulent simplement éviter une bêtise comme tomber enceinte du premier venu ou me retrouver face à un proxénète qui fera de moi une prostituée prisonnière de sa condition. Je sais que je ne suis peut-être pas la plus intelligente et que je joue avec le feu, souvent, mais j’aime vivre ainsi.


Je lève les yeux lorsque l’ombre de la croix passe devant mes pieds. Je ne suis pas retournée dans un lieu sacré depuis mon oncle et ma tante, quand ils ont essayé de faire de moi une jeune lady. J’ai été chaque dimanche à l’église avec eux pour écouter les sermons du prêtre, mais ça ne m’empêche pas de vivre dans la décadence. Jusqu’à présent, je me porte bien sans malédiction. Peut-être que j’irais en enfer, ou pas. Dieu pardonne tout, non ? Il suffit que j’aille confier mes péchés et il les effacera, pour que je sois de nouveau vierge de mes actes passés. Jusqu’à demain, bien évidemment. Certaine de ma pensée, je prends la direction de l’église pour entrer à l’intérieur. Elle est vide, les bougies ne sont pas encore allumées. Je traverse l’allée centrale avant de m’installer sur un banc au premier rang, observant la croix de Jésus. Je ferme les yeux, répétant mes prières que je connais encore dans ma tête jusqu’au grincement étranger qui capte mon attention. Je croise le regard du père Vargas, étirant un sourire à ses mots avant de l’observer aller au fond. Si quelqu’un de saint m’écoute et me pardonne, ça sera encore mieux. Comme lorsque ma tante m’a obligée à aller me confesser lorsque j’avais fait une bêtise à la maison. Je me lève, interrompant mes prières pour aller rejoindre le père Vargas, un balai dans les mains : « Mon père ? » Ses mirettes sombres croisent les miennes et j’étire un sourire : « Puis-je me confesser ? J’ai besoin de vous parler, de vous confier mes péchés pour… » me pardonner ? J’ignore quoi dire, en réalité. Je passe une main dans ma nuque, mal à l’aise tout en mordillant ma lèvre inférieure. « Est-ce que vous avez quelques instants à m’accorder ? » Je n’ai jamais pris le temps de le détailler, c’est un bel homme. Dommage qu’il soit saint, sinon, j’aurais certainement essayé de le séduire. Ah ! Même dans la maison de Dieu, je pense à ça. Je me flagelle mentalement.
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Message Sujet: Re: In the Embers of Truth [ft. Minnie] 15th Décembre 2016, 03:49

In the Embers of Truth

Le balai en main, je maugréer quelques mots à voix basse, châtiant ce balai à l’Enfer, maudissant la propagation de ce que l’on appelle le sable, de ce qui créé autant de poussière que les damnés éternels les cris, les hurlements et les douleurs indescriptibles outres celles de la Bible. Dans le monde ancien, que les plus érudits appellent l’Europe, jamais un prêtre ne se prêterait aux futiles corvées ménagères de l’église, preuve d’une Amérique arriérée d’au moins un centenaire sur ces Britanniques à la mauvaise réputation. Tâche quotidienne, sinon le chaos de la malpropreté s’empare de l’église. Rares sont les fidèles qui réalisent l’entretien que demande une église, mais nombreux sont ceux à pointer du doigt une église malpropre, indigne des volontés et des attentes de Dieu. Ils ont raison, bien sûr, rien ne peux expliquer et justifier le blasphème d’un lieu sacré, mais la bonté de l’Homme pourrait-elle parfois dépasser les limites qui lui sont imposées par la bienséance des accoutumances? Je commence à dépoussiérer le sol de l’église, faisant aller et venir le balai qui a été offert à l’église par une âme charitable et anonyme, puis aperçois la jeune demoiselle s’approcher de moi. Une croqueuse d’hommes, dit-on entre les branches dans les saloons de la ville, une femme surdouée dans son art qui sait obtenir tout ce qu’elle veut d’un homme. J’avale ma salive, me repliant sur moi-même, me séquestrant contre mon gré dans les cachots des enseignements bibliques. Selon les habitués, les premiers pas de mademoiselle Reevs sont destructeurs. Son charme est tant qu’il n’évoque aucun refus. Je le réalise, la rondeur de son visage venant me rappeler une certaine femme qui, à une autre époque, aurait pu être madame Vargas si mon amour pour elle avait été plus fort que ma peur de mourir.

Je me laisse bercer par la douceur de sa voix, contrastant avec la profonde tristesse des traits de son visage. Tristesse que je ne manque pas de remarquer, peut-être suis-je le seul, chaque fois que mes pieds foulent les planches du Gem. Je cesse mes activités ménagères, à mon plus grand plaisir, que Dieu me pardonne, et acquiesce à la demande de confesse de la jeune femme. Le jour est entamé depuis plusieurs heures déjà, et quoi que l’église soit encore déserte de fidèles en quête d’une prière, certaines femmes au foyer ne tarderont pas à venir offrir leur adoration au Christ. Malgré cela, pour rien au monde je ne proposerais le confessionnal, si je n’y suis pas forcé, remerciant ma claustrophobie envers cette petite boîte où respirer est un luxe proscrit par l’Église. Je lui fais donc signe d’une main accueillante de se diriger vers un banc où je serai plus à l’aise de l’écouter.

«Après vous», lui dis-je en pointant le confessionnal d’une main accueillante.

À mon tour, je suis la jeune et très jolie femme jusqu’au banc qu’elle a choisi, puis m’assois en prenant une légère distance entre nos corps. Je fixe l’avant de l’église, doux vide qui me porte instinctivement à observer le crucifix qui s’y trouve. Ces confessions à même les bancs d’église ne choquent plus, énième signe distinctif d’un prêtre aux apparences toutes sauf ordinaires. D’un prêtre dont on refuse catégoriquement la plupart des vices, mais dont on accepte malgré tout par crainte de n’avoir aucune relève. Christopher Vargas n’est peut-être pas l’homme pieux que Deadwood méritait, mais il est jeune et il sera là pour les décennies à venir. De quoi stabiliser les âmes anxieuses d’une petite ville qui en est encore à ces premiers milles. Je cherche comment aborder la discussion, parce qu’à Deadwood, c’est bien connu, le Père Vargas ne se contente pas que d’écouter. Il commente, il conseille et parfois, même souvent, s’oriente en opposition avec les messages de l’église et de la bible. Un prêtre aux traits révolutionnaires, avant-gardiste selon certains, alors qu’en réalité, c’est un homme de Dieu blasé par des enseignements creux qu’est Christopher Vargas. Je ne trouve rien d’inspirant, mais surtout, je ne considère pas que ce que j’aurais à dire pourrait la mettre en confiance, lui permettre de s’ouvrir à moi sans gêne ni barrière. Après tout, je suis un homme et elle une femme. N’est-ce pas une constatation difficile à passer outre pour une femme qui cherche à confier ses péchés? Confier ses péchés à un homme sur un banc d’église, voilà quelque chose qui encore aujourd’hui m’est surprenant.

«Prenez votre temps, tout le mien est à votre disposition.»
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Message Sujet: Re: In the Embers of Truth [ft. Minnie] 7th Janvier 2017, 16:58

L’idée de me confier sur tous mes péchés me fait intérieurement rire. Dieu acceptera-t-il d’entendre, lui qui voit tout ? Au final, ai-je vraiment besoin d’avoir son pardon ? Peut-être qu’au fond, l’enseignement de cette tante et de cet oncle a eu l’effet escompté, un besoin de regard et d’approbation du seigneur pour éviter l’enfer. Comment vais-je pouvoir raconter tout ce que j’ai fait au prêtre sans me sentir jugée ? Et comment est-ce qu’il va me regarder après ça ? Je ne le connais pas. «Après vous». Il m’est encore possible de faire demi-tour et de refuser cet échange, mais je ne suis pas venu ici pour rien et jusqu’à présent, je n’ai jamais eu peur des regards ou du jugement. Je me dirige vers les bancs qu’il montre, surprise qu’il ne me conduise pas dans un confessionnal. Là, à la vu de tous, je vais devoir épancher mes actes avec la possibilité que des oreilles indiscrètes se faufilent. Non pas que ma vie soit mystérieuse ni secrète, mais… j’ai eu l’habitude de m’enfermer dans un confessionnal. Je m’assois sur un banc, tournant légèrement mon buste dans sa direction. «Prenez votre temps, tout le mien est à votre disposition.» J’étire un sourire, hochant de la tête tout en entremêlant mes doigts sur mon jupon. Par où commencer ? Est-ce que je dois lui faire un récit de mon passé pour qu’il se fasse une idée de la personne que je suis, où dois-je simplement lui narrer mes derniers faits qui nécessitent le pardon de notre Seigneur ? « Je ne suis pas venue me confesser depuis bien des années, j’ai peur d’en avoir perdu la pratique. » Mes mirettes lapis-lazuli se redresse vers les siennes, aussi sombre que le charbon et j’étire un sourire. « Mon Oncle et ma Tante étaient des personnes pieuses, ils m’emmenaient à la messe chaque dimanche. Mais cela fait déjà un moment, pour ne pas dire une éternité, que je ne suis pas revenue dans un lieu saint. » Mes nombreuses soirées dans les saloons à me déhancher pour donner des idées et des envies aux hommes sont à l’antipode de la religion. Ma tante en tomberait malade, si elle l’apprenait. « Je ne suis pas un exemple de chasteté ni de pureté, contrairement aux désirs de mon oncle et de ma tante. Non pas que je m’en plaigne, je le vis très bien, mais… je me dis que peut-être, Dieu se sent trahi après mes quelques années de… enfin, quand j’étais avec eux, sage. » Je mordille ma lèvre inférieure, levant une main pour venir gratter ma joue.


Est-ce que je m’accepte telle que je suis ? Bien évidemment, je le cherche moi-même, toutes ses soirées de débauches, ces longues nuits d’ivresses charnelles, ces regards séducteurs, ces caresses discrètes sous les tables et j’en passe. Je n’ai pas honte de ce que je suis, mais l’affection que j’ai portée jadis à ceux qui nous ont offert un toit quelques années réside toujours en mon sein. Il est donc normal, je pense, que je fasse un geste d’hommage en quelque sorte, en venant à l’église pour me confesser. C’est peut-être stupide, je n’ai jamais prétendu être une femme de pensée. « J’aimerai simplement que mes actes actuels ne m’emportent pas sur le chemin des Enfers. Est-ce que vous pensez, mon père, que Dieu pardonne tous les péchés, quels qu’ils soient à tous ses fidèles ? Même à ceux qui ont, un jour, fini par se détourner légèrement de son chemin ? » Je souris légèrement, baissant le visage sur mes jambes. « Voyez-vous, je viens ici dans le but d’obtenir peut-être un pardon, même si je ne m’empêcherai pas de continuer à vivre comme je le fais. Il n’y a pas que le péché de la chair, il y a aussi ce… incontrôlable et irrésistible besoin de prendre à n’importe qui, ce qui ne m’appartient pas. Allant du plus simple objet comme un bouton de chemise à une pièce, un bijou voir même une arme. J’essaye pourtant de le contrôler, de me dire que je ne dois pas le faire, car ça m’attire parfois des ennuis. Mais c’est… impossible. Sans m’en rendre compte, je me retrouve avec le corset rempli d’objets volés ci et là. » Je soupire. « Tout comme mon envie d’être avec un homme. Là, je m’imagine bien avec vous dans ce confessionnal… » Je tourne les yeux dans sa direction avant de les détourner. « Je pense que j’ai un problème, mon père. »


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Message Sujet: Re: In the Embers of Truth [ft. Minnie] 16th Janvier 2017, 20:51

In the Embers of Truth

Assis sur l’un des bancs choisis par la jeune femme, même si après tout, ma main fut la maîtresse indicatrice du chemin à prendre, j’alterne mon regard vers la jolie demoiselle et le devant de l’église, ne sachant réellement où déposer ni mes mains, ni mes yeux, qui ne demeurent point insensibles au jeu de doigts et de jupon que s’adonne la pécheresse. Je réussis néanmoins à me maîtriser : ce n’est pas la première femme aux traits intéressants à fouler les planches de l’église et ce ne sera pas, fort heureusement pour moi, la dernière. Son visage me dit à peine quelque chose, scrutant de mémoire les gens qui assistent à mes sermons, ne trouvant pas d’où elle pouvait bien venir. Néanmoins, je crois comprendre qu’elle n’est guère une enfant de Dieu régulière, et je me dis sans chercher plus loin qu’il est fort possible de l’avoir croisé à deux ou trois reprises dans la ville en allant chercher le courrier ou en allant chercher quelques vivres au magasin général. Je suis à cent mille lieux de savoir qu’elle donne son corps, ou plutôt le vends, au profit du terrible Al, moi qui pourtant passe plusieurs de mes journées au Gem. Coïncidence, pourrais-je conclure, que nos regards ne se soient jamais croisés. À vrai dire, il est vrai que ma table au Gem est habituellement vide, exception faite lorsque le jeune britannique vient partager la conversation avec l’homme de Dieu de la ville. Le sourire de la jeune femme est franc, pas comme ces dames qui sourient pour donner une bonne impression d’elles, pour démontrer aux gens de Deadwood qu’elles sont heureuses et qu’elles n’ont rien à envier à personne. Le sourire de la jeune femme est rafraichissant, vrai. Il y a au moins cela.

Je l’écoute silencieusement m’indiquer qu’elle ne s’est pas confessée depuis des lunes, et je n’ai aucune difficulté à la croire, n’ayant aucun souvenir de sa présence dans l’église que je dirige depuis désormais plusieurs mois se transformant en quelques courtes années. Femme souriante, mais également très transparente –je le perçois, m’expose d’une part les péchés qu’elle se reproche –avec raison, et d’une autre part les volontés de son oncle et de sa tante, de braves gens jugé-je aux délicats mots qu’emploi la jeune femme pour les décrire.

«La trahison hypothétique dont Dieu serait victime vis-à-vis votre cadence de vie pourrait-elle avoir un impact sur le regard que vous portez sur vous?»

Une question comme je les aime : intransigeantes, fermes et axées avant tout sur l’opinion de la personne qui se trouve à mes côtés. Bien sûr, la Foi est importante et malgré mes propres doutes qui hantent une jeune vie déjà semée de mauvaises décisions, jamais elle ne quittera mes esprits. Encore faut-il que je puisse être en paix avec moi-même avant tout avant de demander même chose au Dieu Tout-Puissant. Que le Seigneur soit avec vous et votre esprit, disent-ils, machinalement, chaque dimanche, sans se demander si concrètement, ils sont également avec Dieu et son enseignement. Petit détail qui a toute sa raison d’être. Je continue d’écouter ses paroles, demandant à mon tour pardon au Créateur pour mes nombreux écarts de conduite passés comme actuels, bien qu’ils soient moins nombreux depuis mon arrivée à Deadwood.

«Ce que je crois n’a d’importance que pour…» Je m’arrête, gardant pour moi mon scepticisme face à certains enseignements de la religion qui ne font, pour moi, aucun sens. «Dieu ne peut pardonner en cours de route un pécheur qui, consciemment, poursuivra sa quête de déchéance et de péchés.» Mon regard se tourne vers l’immense croix en avant de l’église, ou à l’arrière, selon les perceptions, me plongeant une fraction de seconde en guerre idéologique avec Dieu. «Dieu ne peut le faire en cours de route, mais le jour venu où votre dernier souffle sera au seuil de l’Ultime porte, si vous acceptez votre vie de péchés et que vous acceptez également d’y renoncer, son pardon sera immédiat et éternel.»

Bien sûr, Dieu pardonne toujours à la fin de notre route. C’est l’euphémisme même de cette religion, de cette croyance que l’Éternel accueille tous ceux qui acceptent d’être sauvés sur leur lit de mort. Le message est pourtant clair, même si je ne l’admettrai jamais à la jeune femme : menez votre vie de débauche, profitez-en comme jamais vous en avez profité et le jour de votre mort, reniez votre vie, exprimez vos regrets et obtenez votre place au paradis. Aussi simple que cela, bien qu’avec quelques atténuations, mais sur le fond, le message est ce qu’il est. Est-ce que je cautionne cette pratique? Bien sûr que non, même si dans les faits, j’en ai profité plus qu’une fois. Suis-je pour autant un homme mauvais qui périra dans les Enfers? J’ose croire que non. J’ose espérer que non. Elle surenchérit l’enchère de ses péchés avec le vol, énième chose dont je demande pardon au Seigneur, moi qui ne suis guère l’homme pieux et modèle qu’attendent certains croyants, puis mon sang se fige, glace sur place, mon teint devenant sûrement très pâle. Elle m’exprime son désir actuel, mon regard se tournant vers le confessionnal, ma claustrophobie devant presque inexistante dans mes pensées. Je m’imagine me lever, prendre les mains de la jeune femme qui s’entremêlent avec son jupon –qui ne me rend d’ailleurs pas insensible, je l’ai déjà formulé plus haut. La tirer vers le confessionnal, ouvrir la porte. Hurler aux loups qu’ils aillent voir ailleurs, pendant que je remonte ce qu’il y a à remonter, et que j’assouvisse les besoins de cette jeune femme. Besoins qui me grugent depuis déjà près que deux années. Deux années à réaliser qu’un vœu de chasteté, bien que je ne le respecte pas, ne doit pas être bien pire qu’être damné au feu éternel de l’Enfer… Elle cri, et fort bien, je l’imite, courant tous les deux conjointement vers l’apothéose éphémère de la fusion de nos deux corps… Je reprends mes esprits, ignorant combien de temps je suis demeuré là à fixer le confessionnal, et repose timidement mon regard vers la jeune femme, les images ne s’enlevant guère de mes pensées. Je pense que j’ai un problème, mon enfant. Je porte mon regard sur la grande croix, ne le détourant plus, tentant de chasser de mes pensées la tentation. Ce n’est pas le moment. Oui, nous avons un problème, mon enfant.

«Je… Vous… Il faut…», bredouillé-je quelques mots, bien conscients de mon inconstance. «Dites-moi, je… vous… Commençons par le début, si vous le voulez bien : quelle place accordez-vous à la Foi dans votre cœur? Et dans vos pratiques… Non, pas vos pratiques, je veux dire… vous voyez…» Je me tais, en ayant, somme toute, relativement assez dit pour le moment.

HRP:
 
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Message Sujet: Re: In the Embers of Truth [ft. Minnie] 25th Janvier 2017, 13:39

In the Embers of Truth

Obtenir le pardon au moment de son dernier souffle. Voilà une solution idéale pour tous mes péchés, cela me permettra de continuer à abuser jusqu’à la fin de mon existence. Ce n’est certes, pas un conseil que j’aurais pu recevoir d’un autre Père, mais celui de Deadwood est particulier, m’a-t-on dit. En réalité, je ne sais pas, mais je trouve que ce conseil – aussi avisé soit-il – ne m’aurait jamais été donné par un autre Père. Je reste silencieuse un moment, autant qu’il l’est à fixer le confessionnal puis la croix, sans répondre. «Je… Vous… Il faut…» Je tourne mon regard sur le père Vargas, surprise qu’il perde l’usage de la parole ou plutôt son éloquence. L’ai-je, sans le vouloir – non volontairement – troublé ? «Dites-moi, je… vous… Commençons par le début, si vous le voulez bien : quelle place accordez-vous à la Foi dans votre cœur? Et dans vos pratiques… Non, pas vos pratiques, je veux dire… vous voyez…» Quelle place ? En voilà une belle question à laquelle je n’ai aucune réponse. Ma bouche se tord, tandis que je lève les yeux vers le plafond en cherchant une réponse. Pourquoi est-ce que je suis ici aujourd’hui ? Un signe de Dieu, après tout, l’ombre de la croix aurait pu ne pas être sur mon chemin à ce moment-là, mais elle l’était. Est-ce que je pense à Dieu chaque jour ? Est-ce que je prie chaque soir avant d’aller me coucher ? Non. Bien sûr que non. La Foi a eu une grande place dans mon cœur jadis, quand je n’avais que ça et encore, je n’ai jamais été une grande fervente des pratiques. Mais quoi qu’il en soit, je ne suis plus cette jeune demoiselle qu’on formatait pour devenir une lady. « Comme je vous l’ai dit, mon père… Il y a bien longtemps que je n’étais pas venu dans une église, ni même que j’avais fait une prière. Je crois que la foi n’est dans mon cœur que lorsque cela m’arrange. Comme aujourd’hui où j’ai cru à un signe de Dieu sur mon chemin et c’est la raison pour laquelle je me trouve dans l’église. Sans ça, je ne serai pas là, mais sûrement ailleurs, peut-être même à pécher dans un coin de Deadwood. » Je souris légèrement. Je n’ai aucun mal à avouer la vérité, sans pudeur aucune.


« Quant à mes pratiques. Je crains que le Seigneur ait depuis longtemps détourné le regard de ma personne. Je crois que je suis encore plus à damner que les catins mon père. Je ne vends pas mon corps, je le donne gracieusement à qui le veut... » Je viens passer mon index sur mes lèvres dans un tic habituel, lorsque je suis en pleine réflexion. « Il n’y a pas de place pour la Foi dans mes pratiques, elle y serait bien étrangère et contraire à la morale. Mais elle réside malgré tout quelque part, dans ma mémoire et lorsqu’un signe apparaît. » Je tourne les yeux vers le père Vargas. « Je voulais simplement savoir s’il y avait un moyen d’éviter les Enfers et de me faire pardonner, vous m’avez donné une solution. » Je supplierai Dieu au moment de ma mort, pour emprunter le sentier du Paradis plutôt que de chuter dans les flammes infernales.


thief despite her


by beraberel
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Message Sujet: Re: In the Embers of Truth [ft. Minnie] 30th Janvier 2017, 20:52

In the Embers of Truth

«Vous avez tort», lui dis-je, aussi franche peut être ma parole.

Certains me connaissent comme l’homme de Dieu qui pose des questions impossibles à répondre, d’autres me connaissent comme l’homme de Dieu qui pose des questions idiotes dont les réponses sont si simples qu’elles ne devraient pas être données. Là est le parallèle entre ceux qui comprennent la question et ceux qui ne la comprennent pas. Chaque question possède sa réponse, et il n’est écrit nulle part qu’une réponse n’existe pas. La facilité que nous avons à répondre à une question définit l’individu que nous sommes et l’importance que nous donnons à notre identité propre. Je ne suis guère un psychologue ni ces gens qui aspirent à scruter l’âme des gens pour les guérir de maux qui dépassent leur entendement. Je ne suis qu’un homme de Dieu qui, plus souvent qu’autrement, déserte les enseignements bibliques pour apporter un soutien humain à ceux qui le demandent. Une pratique bien reçue en Alabama, mais relativement moins bien à Fort Pierre. Deadwood est une ville unique qui nécessite une vision unique du regard de Dieu sur les agissements de ses habitants. La majorité est croyante à Deadwood, et cette même majorité perpètre le crime pour une raison ou une autre, et à mon sens, Dieu ne devrait abandonner aucune âme ici. Deadwood, la ville du bois mort. Deadwood, la ville des pratiques chrétiennes mortes, mais où la foi est quelque chose d’encore indiscutable. Et ce, même s’ils disent l’avoir un jour sur deux, lorsque cela les arrange. Comme cette femme qui, à mes côtés, malgré ses nombreux péchés et ses pensées peu religieuses, se retrouve sous le toit d’une église à se confesser. À chercher le pardon.

«Vous avez tort si vous croyez que la foi est à géométrie variable», dis-je sans crainte de son regard. «J’aime bien le porc, mademoiselle Reevs. J’en mange peut-être une ou deux fois le mois, et je ne passe guère mes journées à rêver d’en manger à nouveau… Voyez ma très mauvaise comparaison comme gage de ma confiance envers votre foi», dis-je en riant.

Gage de confiance. Comme si la confiance d’un prêtre raté, sa foi se rapprochant davantage du pasteur qu’autre chose, pouvait être quelque chose d’appréciée. D’appréciable. Bien sûr, le Seigneur souhaiterait sans doute cracher au visage de cette jeune femme qui ne répond à aucun critère de l’Église, mais si Dieu a le pouvoir de croire ou non en un être humain, il n’a certainement pas celui de lui dire en qui ou en quoi croire. D’où ma foi vacillante, mais toujours présente. D’où ma présence insistante dans l’église de Deadwood alors que ma volonté de quitter la prêtrise est de plus en plus forte. De plus en plus puissante. Une puissance dont je ne peux rien. Qui finira par m’avoir, par me détruire. Mes esprits reviennent dès qu’elle touche ses lèvres avec son index.

«Si la foi vous apparaît à des moments opportuns, alors ne cherchez pas, elle n’est jamais bien loin. Elle ne vous a pas abandonnée.» Mes yeux se dirigent vers elle. «La solution, elle n’est ni en moi, ni en ce que les autres croient. Elle est en vous. Dites, j’ai une question, qui vous refusera la foi dans votre cœur? Je veux dire… Qui a le contrôle sur ce que vous croyez? Moi? Dieu? Les habitants de cette ville?»
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Message Sujet: Re: In the Embers of Truth [ft. Minnie] 8th Février 2017, 14:37

In the Embers of Truth

«Vous avez tort» Voilà maintenant qu’il brise les espoirs forgés en quelques secondes à la suite de ses paroles. Pourquoi dit-il que j’ai tort ? Cette parole suffit à me contrarier, faisant retrousser mon nez et plisser mes sourcils. «Vous avez tort si vous croyez que la foi est à géométrie variable». Vraiment ? Pourtant, c’est ce que je pense. Puis-je me permettre de venir prier Dieu et l’implorer de pardonner mes péchés, lorsque je saute volontairement dans la fosse de la débauche sans vergogne ? Non. Bien évidemment. C’est comme si une catin venant ébranler ses déboires au Père en quémandant son pardon, alors que chaque jour, elle écartera les cuisses encore et encore, jusqu’à ce qu’elle soit complètement défraichie… ou morte par une maladie. Nous ne pouvons pas tous être des Enfants de Dieu, et ce, même pour les quelques malheureux qui ont la foi, au fond, quelque part. J’étire un sourire après son exemple, baissant le visage vers mon jupon que je lisse, de manière à m’occuper les mains. « Je vois très bien ce que vous voulez dire, mon Père. » Mais est-ce que j’en ai véritablement envie ? Après tout, j’ai reçu cette éducation uniquement parce que je suis allée vivre chez mon Oncle et ma Tante, qu’ils étaient pratiquants et qu’en tant que future lady – selon le désir de ma tante – je me devais d’être une Enfant de Dieu. Elle a belle l’allure, celle qu’ils voulaient que je devienne. Mais ce n’est pas le sujet. «Si la foi vous apparaît à des moments opportuns, alors ne cherchez pas, elle n’est jamais bien loin. Elle ne vous a pas abandonnée.» Est-ce qu’il va me dire qu’elle est dans mon cœur ? Non parce que j’aime beaucoup le Père Vargas, mais je doute de vouloir entendre cette absurdité. «La solution, elle n’est ni en moi, ni en ce que les autres croient. Elle est en vous. Dites, j’ai une question, qui vous refusera la foi dans votre cœur? Je veux dire… Qui a le contrôle sur ce que vous croyez? Moi? Dieu? Les habitants de cette ville?» Je soupire. Mon regard remonte sur la croix avant de biaiser le Père sans toutefois réellement plonger dans son regard. « Je suppose que la bonne réponse, c’est moi-même ? » J’étire un sourire tout en croisant à peine son regard, le détournant bien vite vers mes cuisses.


« Alors, je devrais continuer de croire en ce que je veux, venir autant que je le désire dans la maison de Dieu et même si, je ne suis qu’une imposture ? Parce que c’est que je suis, mon Père. Une femme qui croit en Dieu, à la bible, mais qui n’agit pas du tout comme elle le devrait. Si je me réfère à la Bible, elle dit : Tu ne déroberas point. Mais je suis née ainsi. Je ne peux pas m’en empêcher. Ainsi, Dieu déclare ses commandements tout en infligeant à ses Enfants des défauts qui iront forcément contre sa parole. » Ce n’est là qu’un exemple parmi une kyrielle d’autre, me concernant tout du moins. Il n’y a point que cet élément, mais c’est l’un des plus grands. Je ne m’imaginais pas épancher tout mon tracas en venant ici, cependant, je dois avouer que cela me fait du bien. Il n’y a qu’ici que je peux me confier sans crainte d’un revers ou d’un jugement, car après tout la bonté de l'Éternel dure à jamais pour ceux qui le craignent et c’est, en quelque sorte, mon cas.


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Message Sujet: Re: In the Embers of Truth [ft. Minnie] 25th Février 2017, 04:29

In the Embers of Truth

La foi, un concept bien plus complexe que de déterminer si la nuit est une absence de couleurs ou une panoplie de celles-ci. Un concept qui échappe à plusieurs, appelés les brebis égarées, et qui croient à tort que parce qu’ils commettent l’irréparable odieux ne seront pas acceptées dans les bras de Dieu le jour venu de leur ultime accueil. Ma philosophie de ce qu’est le paradis pourrait rapidement être détruite par n’importe quel autre prêtre qui croisera votre route. Il faut dire que même si nous vivons dans une société évoluée, certaines choses refusent de changer. La conception de l’univers entourant notre Seigneur en est une preuve irréfutable. Bien sûr, il y a sans doute plus de marginaux qu’il y a de prêtres à Deadwood, mais plus souvent qu’autrement, je me sens bien isolé dans ma façon de concevoir le pardon de notre Seigneur. Cette idée que le châtiment sera fatal et qu’il nous damnera au feu éternel à moins de regretter sincèrement nos actions sur notre lit de mort. Est-ce là l’enseignement que nous souhaitons présenter à nos générations futures? Et si ma perception du message est la bonne, suis-je en droit de douter moi-même de cette théorie qui ne fait aucun sens? Suis-je un cas désespéré, tout comme la jeune Minnie qui craint le feu éternel comme certains hommes craignent ses maladies de sexe? Décidément, oui, j’aurais dû être prêtre hétérodoxe.

Assis à ses côtés, je ne sais plus quoi répondre. Peut-être parce qu’il n’y a aucune réponse que notre âme ne sache pas déjà. Et peut-être parce que mon sentiment désabusé devant toutes les contradictions de la religion me pousse à songer à un avenir loin de la prêtrise. Isolé dans cette ville de brute, et n’ayant comme ami qu’un Britannique scientifique qui ne connait clairement pas la définition d’une métaphore, comment puis-je me libérer des démons qui troublent mon esprit? Il n’y a rien de pire pour une ville qu’un prêtre faible. Deadwood n’échappera pas à cette fatalité. Je soupire, action contagieuse de son propre soupir, puis laisse échapper quelques mots de ma bouche sans réellement vouloir les retenir .

«Nous sommes tous une imposture…»

Cinq mots à la gravité non mesurée. Cinq mots pouvant tout détruire sur leur passage, mais étrangement, pouvant apporter un soupçon de réponse à ceux qui cherchent des réponses inhabituelles. Le genre de réponses qui seraient inacceptables pour la paroissienne Caldwell, mais qui trouveraient écho chez des bandits comme Al, par exemple. Moi-même, je suis la plus grande imposture jamais créée par le Territoire du Texas. Exilé loin de ses racines pour fuir la honte, ses responsabilités et la mort certaine. Des banalités à Deadwood, mais eux ont le mérite de pouvoir se confier à un homme impartial. Moi, je n’ai guère cette possibilité. Ainsi peut-être est-ce la raison pour laquelle je me permets un petit laisser-aller cejourd’hui. Un laisser-aller qui m’apparaît sur le moment être sans conséquence. Après tout, qui apportera du crédit aux mots d’une prostituée? Le jugement est facile à Deadwood, les leçons de la Bible n’étant guère une aide concrète à ce niveau.

«Ne soyons pas leurrés par les différentes interprétations de la Sainte Écriture, mademoiselle Reevs. Les châtiments existent parce que la désobéissance est concrète. Vous semblez avoir un malaise palpable quant à la compréhension de nos obligations chrétiennes, et votre malaise est justifié.» Me voilà désormais trop avancé pour reculer. «Il est d’abord justifié par l’enseignement personnel reçu au fil de notre Sainte éducation puis par notre propre jugement. Et le fait que ces deux choses ne soient pas compatibles est une chose plausible. Nous en sommes tous les deux la preuve.»

Admettre à une femme, dans sa propre église, que mon jugement n’est pas en accord avec les enseignements reçus, voilà quelque chose que je n’aurais pas cru possible il y a à peine quelques jours. Voire même quelques heures. Au point où j’en suis, et surtout, au point où en est Minnie Reevs, va-t-on me punir mon goût prononcé pour le réalisme?

«Je crois que le plus grand défaut de Dieu le Tout Puissant est de n’avoir jamais été un homme, ainsi est-il incapable de propager un message rassembleur, rendant notre tâche beaucoup plus complexe. Si vous croyez en Dieu, emmerdez les regards, et poursuivez votre route en conservant votre amour envers Lui.»

Après tout, Dieu a des yeux partout, mais les a-t-on déjà vus? J’ouvre peut-être une boîte de pandore, mais qu’en est-il des faits?
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Message Sujet: Re: In the Embers of Truth [ft. Minnie] 13th Mars 2017, 15:46

In the Embers of Truth

« Nous sommes tous une imposture… » Je lève mes yeux vers le prêtre. Ainsi donc, ne suis-je qu’une brebis égarée parmi tant d’autres ? Une brebis certes différente, au pelage moins immaculé et éclatant que ceux des autres, mais présente et active dans le troupeau ? Une brebis qui ressemble à d’autres, avec des défauts. « … Nous en sommes tous les deux la preuve. » Je ne peux retenir un sourire au coin de mes lèvres, faisant écho aux paroles du père Vargas. Aucun jugement dans la maison du seigneur, prêt à tout entendre pour pardonner. Mon visage se tourne vers lui, sans chercher à se dérober de son regard s’il vient à affronter le mien. « … Si vous croyez en Dieu, emmerdez les regards, et poursuivez votre route en conservant votre amour envers Lui. » « Je crois que je n’aurais pas pu dire mieux, mon père. » Ce nouveau sourire, plus moqueur cette fois-ci, s’accroche à mes lèvres. Je me redresse du banc, mirant un instant le confessionnal vers lequel j’ai eu quelques pensées charnelles avant de revenir sur l’homme à mes côtés, messager de Dieu sans être en parfaite adéquation avec ce qu’IL déclare ou demande. « Merci pour vos conseils, mon père. Ils sont précieux, croyez-le. Et je ferai comme vous le dites, traçant mon chemin sans me soucier de ce que l’on pourrait penser ou croire. Du moins, lorsque cela concernera Dieu. » J’incline légèrement la tête, longeant le banc en passant devant lui afin de pouvoir sortir de l’église en prenant l’allée centrale, face à la croix de Jésus Christ. « Je m’excuse encore pour cette pensée impure concernant le confessionnal. Je sais bien que vous… Enfin, pardonnez-moi cette audace. » Je soupire, attrapant sa main pour la serrer entre les miennes, simple geste de remerciement pour les quelques paroles qu’il vient d’avoir envers la brebis égarée et différente, mais toujours solidaire au troupeau et au berger. « Vous me reverrez certainement… bientôt. » Je souris, avant de partir vers les grandes portes. Un trait de lumière s’étend dans l’allée lorsque j’ouvre les portes et je me retourne un instant vers le père Vargas, un sourire sur les lèvres avant de les refermer.


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